De 0-2 à 4-2 : les Red Lions se qualifient pour la finale de l’Euro de hockey

La Belgique, championne du monde en titre et 2e nation mondiale, s’est qualifiée pour la finale de son Euro de hockey messieurs après s’être imposée 4-2 devant l’Allemagne (FIH-7) en demi-finale de la compétition, jeudi soir à Wilrijk. Pour sa 3e finale continentale de son histoire, la Belgique défiera samedi l’Espagne (FIH-9), qui plus tôt dans la soirée s’est imposée 4-3 face aux Pays-Bas, tenants du titre, dans la 1e demi-finale. Le vainqueur de ce duel sera automatiquement qualifié pour les prochains JO de Tokyo.

Dans un stade comble (7.500 personnes), la Belgique retrouvait un adversaire bien connu. L’Allemagne, octuple champion d’Europe, avait déjà croisé la route des hommes de Shane McLeod en demi-finales de l’Euro précédent à Amsterdam (victoire 2-0 aux shoot-outs), ainsi qu’en quart de finale des Mondiaux de Bhubaneswar, fin 2018 (succès 2-1).

Vincent Vanasch fut le premier des deux gardiens à être sollicité sur une suite de penalty corner (pc) bien contré par Victor Wegnez. La deuxième occasion franche revint à nouveau à la Mannshaft, également sur pc, mais le tip-in de Florian Fuchs sortit hors cadre. Les Red Lions prirent ensuite les commandes de la fin de période ainsi que le début de la suivante. Le 1er pc belge, tiré par Tom Boon, vint frapper le montant gauche du but défendu par Victor Aly (15e).

En tout début de 2e quart, après le sauvetage d’un stick allemand sur la ligne, le 2e pc belge, cette fois avec Loïck Luypaert au canon, trouva Aly lui-même (16e). Ce fut donc contre le cours du jeu que Christopher Rühr ouvrit le score de revers après une action menée par Mats Grambusch (21e).

La Belgique réagit immédiatement, mais le 3e pc, avec cette fois Alexander Hendrickx sur le terrain trouva à nouveau Aly (23e). Une erreur de placement dans la défense permit à Rühr de percer le long de la ‘base line’. Sa tentative manquée trouva néanmoins Fuchs, qui n’eut aucune peine à tromper Vanasch (26e).

Mal payés avec un score de 0-2 à la mi-temps, les champions du monde sont remontés sur le terrain en espérant imiter le réalisme de leur adversaire. Malgré une nette domination et deux pc, tirés hors cadre par Hendrickx, la balle ne tourna toujours pas pour la nation hôte. Vanasch intervint bien sur le 4e pc allemand, suivi d’un 5e où l’arbitre siffla un penalty stroke (41e). Ce fut sans compter sur l’œil d’aigle du portier belge, qui demanda à raison la vidéo pour une main fautive sur le blocage du pc.

https://twitter.com/ElevenBE_fr/status/1164624485753901056

Dans la minute suivante, le match prit une autre tournure, avec la concrétisation du 6e pc belge par Tom Boon d’un sleep à plat (42e). Cette réduction du score réveilla le stade tout entier et permit aux Red Lions de s’appuyer enfin sur leur douzième homme. Alors que Vanasch continua ses prouesses sur pc adverse, Nicolas De Kerpel libéra son équipe au bout d’une phase confuse sur la suite du 8e pc belge (53e).

L’Allemagne vacilla, et Wegnez en profita pour l’assommer d’un magnifique revers dans la lucarne (56e).

https://twitter.com/ElevenBE_fr/status/1164630493855223808

En 14 minutes, les hommes de McLeod ont réussi à inverser la tendance, avant que Cédric Charlier ne fixe le score en toute fin de match alors que l’Allemagne jouait à onze joueurs de champ.

Contre l’Espagne, qu’elle a battue 5-0 dans son match d’ouverture vendredi dernier, la Belgique tentera samedi (20h30) de décrocher son premier titre européen et son ticket olympique. L’Allemagne jouera elle pour le bronze plus tôt dans la soirée (18h00) contre les Pays-Bas, quintuples champions d’Europe et vainqueurs de deux dernières éditions de l’Euro.

Boon: “Un doublé serait incroyable”

Tom Boon a montré la voie à suivre en étant le premier à réduire le score lors de la demi-finale des Red Lions. “L’Allemagne a très bien joué ce soir. Nous, on a manqué d’un peu de chance en 1ère mi-temps avec un poteau et une arrêt sur la ligne. Vincent Vanasch a de nouveau sorti un tout grand match et le public a su nous pousser dans nos derniers retranchements. A la mi-temps, on s’est dit que si les Pays-Bas avait réussi à nous remonter au score lors de la finale de 2017 à Amsterdam alors que l’on menait 2-0, on pouvait aussi le faire. On a réussi à faire craquer l’Allemagne en deuxième mi-temps”, a-t-il réagi après la rencontre.

En début de soirée, les Pays-Bas, grands favoris avec la Belgique pour une place en finale, se sont faits surprendre 3-4 par l’Espagne. Menés 2-0 à la mi-temps, les Néerlandais, tenants du titre, ont encore encaissé deux buts dans le 3e quart, avant d’entamer une remontée trop tardive. “Cela ne risquera pas de nous arriver. Nous ne les prendrons pas de haut. Lors de l’Euro précédent également, nous avions battu les Pays-Bas 5-0 en poules, avant d’être battus par eux en finale. Non, on veut vraiment ce doublé “Monde-Europe”. Ce serait incroyable. On a vraiment une belle carte à jouer”, dit encore Tom Boon.

Dohmen : “Toute l’équipe y a toujours cru”

“J’ai déjà connu des retournements de situation comme celui-là dans le passé, c’est pour cela que j’y ai cru jusqu’au bout et que toute l’équipe y a toujours cru”, a réagi John-John Dohmen à sa sortie de terrain. “Les Allemands ont fait une première mi-temps parfaite. Ensuite on sentait que la tendance commençait à s’inverser en deuxième mi-temps, même si on restait derrière au marquoir. On a repris la main mise sur le jeu et on a commencé a avoir un bon sentiment par rapport au début où on a eu des occasions mais le jeu y était plus équilibré. On est vraiment passé au-dessus en deuxième période, devenant plus collectif et jouant plus simplement, avec ce beau scénario pour terminer à la fin.”

Contre les Espagnols, qu’ils ont battus 5-0 en phase de poules, les Belges tenteront de ne pas tomber dans le même piège que les Néerlandais, qui visiblement ont sousestimé leurs adversaires en début de rencontre. “Il faudra se méfier d’eux. Ils sont peut-être moins physiques que nous, mais possèdent une équipe très intelligente”, a souligné en conclusion le milieu de terrain. (avec Belga)

■ Interview de Belga/Daniel Techy.

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23 août 2019 - 07h51