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“Pour vaincre le Covid, il faut informer, informer et informer”

La campagne de vaccination à peine entamée, les experts de l’UCLouvain ont souhaité poursuivre leur travail d’information. Pour eux, c’est même devenu la mission principale car il faut informer les gens pour qu’ils adhèrent à la vaccination, seul outil qui nous permettra de sortir de cette pandémie.

Une étude réalisée en partie par l’UCLouvain, l’UGent et l’ULB a démontré que les Belges adhèrent de plus en plus à la vaccination. Les premières injections ayant eu lieu sans aucun embarras, à part quelques réactions allergiques comme cela peut arriver pour n’importe quel médicament, le taux d’adhésion augmente par rapport à décembre. “On passe beaucoup de temps à observer notre voisin pour savoir ce qu’il fait et caler notre comportement sur le sien”, explique Olivier Luminet, professeur en psychologie à l’UCLouvain. “En décembre, nous avions 56% des personnes qui ne souhaitaient pas être vaccinées. À présent, nous sommes à 13%. C’est encourageant.”

“Il faut vacciner plus de 70% de la population”

Le nombre de personnes vaccinées est en effet crucial pour atteindre la fameuse couverture de 70% de la population et ainsi l’immunité collective. “En réalité, pour obtenir les 70% de personnes immunisées, il faut vacciner plus que 70% de la population puisque certains groupes ne peuvent pas l’être comme les enfants de moins de 16 ans ou les femmes enceintes”, précise Niko Speybroeck, épidémiologiste. “Là, on sera tranquille. Selon une étude américaine, si on vaccine déjà 40% de la population, on diminuera de 80% les hospitalisations. C’est bien mais cela ne permettra pas d’être vraiment à l’aise et de stopper la propagation. Nous devons aussi avoir un système de surveillance impeccable et alors je pense qu’à l’automne, nous devrions avoir un déconfinement total.”

Si les experts sont plutôt optimistes, tous craignent le nouveau variant britannique, plus contagieux. “Il faut vacciner au plus vite pour qu’on ne se retrouve pas avec une situation d’emballement du nombre de nouveaux cas, ce qui risquerait d’engendrer une saturation du système hospitalier”, ajoute Jean-Cyr Yombi, infectiologue. “Pour cela, il faut mettre les moyens logistiques et surtout informer, informer et encore informer les gens pour que l’hésitation vaccinale diminue.”

Voir aussi : Des infectiologues tournent une vidéo pour inciter la population à se faire vacciner (vidéo)

Toucher les vulnérables de l’information

L’information passe traditionnellement par les médias comme BX1, les chaînes de télé ou les journaux. Si 46% des francophones leur font confiance, il y a aussi 20% des personnes qui ne les croient plus et ne les consomment plus. Et parmi les lecteurs réguliers, il y a aussi 20% qui les remettent en question, c’est ce qui ressort d’une étude mené par Grégoire Lits, chargé de cours en sociologie des médias à l’UCLouvain. Alors comment toucher ce public pour qu’il adhère à la vaccination? C’est tout le défi qu’il va falloir relever dans les prochaines semaines. Pour cela, passer par les réseaux sociaux ne suffit pas. Il faudra aussi que les médias aillent chercher ce public en se servant de leurs consommateurs et en espérant qu’ils influencent positivement ces vulnérables de l’infopandémie.

Voir aussi : Les médecins généralistes encore dans le flou concernant la campagne de vaccination (vidéo)

■ Interview de Grégoire Lits par Vanessa Lhuillier

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12 janvier 2021 - 16h53
Modifié le 12 janvier 2021 - 17h07