L’entreprise espagnole Wamos va reprendre 62 des 91 agences Thomas Cook/Neckermann

L’entreprise espagnole Wamos va reprendre 62 des 91 agences de Thomas Cook/Neckermann. Près de 200 membres du personnel ne perdront dès lors pas leur emploi. Thomas Cook Retail Belgique avait été déclaré en faillite voici dix jours.

Les curateurs n’ont pas donné d’informations sur les agences du voyagiste qui rouvriront leurs portes. Thomas Cook Retail Belgique employait quelque 500 personnes, dont 150 à Bruxelles et en Wallonie. Les agences reprises par Wamos seraient réparties dans tout le pays, sauvant 195 emplois. La reprise permettra de garder 150 emplois dans les agences.

Au siège social, un certain nombre d’activités seraient reprises mais ne concerneront qu’un groupe restreint de 25 travailleurs. Dans le département des “incentives”, qui organise des voyages pour des entreprises et organisations, le département e-commerce, celui des médias et celui des croisières, dix emplois seront sauvés. Dix membres du personnel employés dans d’autres services d’assistance conserveront leur emploi. Le reste du personnel, soit plus de 300 personnes, a été congédié début de la semaine dernière et ne devra dès lors pas compter sur un emploi auprès du nouvel acteur espagnol.

Thomas Cook Belgique a déposé le bilan il y a deux semaines après la faillite du groupe mondial basé au Royaume-Uni, et après que la direction de la filiale belge n’ait pas trouvé d’acquéreur. Sous la houlette des curateurs Mieke Verplancke, Pieter Huyghe et Hans De Meyer, un accord a été conclu jeudi avec Wamos. Le groupe espagnol opère depuis Madrid et comprend la compagnie aérienne Wamos Air, le voyagiste Wamos Tours et l’organisation de voyages Wamos Circuitos, qui propose des voyages dans 20 pays d’Amérique latine. Les détaillants touristiques Nautalia Viajes, Top Atlántico et Geo Star font également partie du groupe. A cela s’ajoutent désormais les 62 agences belges Thomas Cook. Wamos sera donc un nouvel acteur sur la scène belge.

Il n’est pas certain que les marques Thomas Cook et Neckermann continueront à être utilisées à l’avenir. On sait par contre que la nouvelle entité sera baptisée “Wamos Benelux” et sera en partie gérée par la direction de l’ancienne filiale belge de Thomas Cook. Une conférence de presse est prévue vendredi après-midi pour donner davantage de détails en présence d’un représentant de la société-mère espagnole.

Les syndicats soulagés

Les représentants syndicaux ont réagi positivement à l’annonce de la reprise des 62 agences belges de Thomas Cook par le groupe espagnol Wamos. Quelque 195 travailleurs pourront garder leur emploi, ce qui est “mieux qu’attendu“, a commenté Els De Coster pour le syndicat libéral CGSLB. “Je ne m’attendais pas non plus à une poursuite d’une partie des activités du tour-opérateur.”

Les curateurs ont admis que le choix du groupe espagnol a été motivé par la promesse du maintien d’une partie de l’emploi. Els De Coster applaudit le fait qu’il ne s’agisse pas d’un fonds d’investissement, mais bien d’un acteur du tourisme avec une connaissance du secteur. Les syndicats ont également obtenu la promesse que le personnel pourra continuer à bénéficier de l’ancienneté acquise chez Thomas Cook Belgique.

Patrick Van Holderbeke (CSC-ACV) souligne pour sa part que l’accord est une bonne chose, même si la situation reste pénible pour les travailleurs qui se retrouveront malgré tout sans emploi. Une première réunion entre les syndicats et la direction de la nouvelle entreprise aura lieu vendredi.

200 travailleurs sur 500 concernés

La nouvelle ministre fédérale de l’Emploi et de l’Economie Nathalie Muylle (CD&V) a estimé que l’annonce de la reprise était une nouvelle porteuse d'”espoir”. S’exprimant dans le cadre de l’émission “De ochtend” sur Radio 1 (VRT), elle a cependant précisé qu’elle “continuait d’être préoccupée” par la part du personnel belge qui n’est pas concernée par cette reprise, soit plus de 300 personnes qui devraient malgré tout perdre leur emploi.

La nouvelle de jeudi “est bien sûr une bonne nouvelle, pour 200 des 500 travailleurs c’est même une très bonne nouvelle, car ils peuvent reprendre et c’est plein d’espoir“, indique la ministre ce vendredi. “Mais je reste bien sûr préoccupée par les 300 personnes qui ne sont pas reprises et pour lesquelles on devra s’assurer dans les prochaines semaines qu’elles seront bien accompagnées.” Ces employés peuvent entre autres s’adresser au FFE, le Fonds d’indemnisation des travailleurs licenciés en cas de fermeture d’entreprises, pour recevoir des indemnités, a rappelé la ministre. “Cela va se passer dans les prochains jours et prochaines semaines.”

T.Dest avec Belga

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11 octobre 2019 - 10h00