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Fermetures : des mesures de soutien sont prévues pour les secteurs touchés

Restaurant Masque Horeca Coronavirus - Belga Thierry Roge

Le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé vendredi des mesures de soutien au secteur Horeca, durement touché par la crise sanitaire et ses conséquences. “Nous n’allons abandonner personne“, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse donnée à l’issue du comité de concertation.

Pour ce faire, les ministres fédéraux Pierre-Yves Dermagne (Emploi), David Clarinval (PME, Indépendants) Frank Vandenbroucke (Santé) prépareront, pour lundi, un plan de soutien de plusieurs centaines de millions d’euros pour aider les secteurs impactés par les décisions du Comité de concertation de ce vendredi.

Le ministre Clarinval a d’ores et déjà annoncé que la prolongation du droit passerelle était sur la table. Celui-ci sera doublé dans les secteurs touchés par les mesures, a indiqué M. De Croo. D’autres mesures comme des reports de paiement seront également prolongées. Une exonération des cotisations à l’ONSS est par ailleurs prévue.

Les entités fédérées prendront des mesures additionnelles. Le ministre-président flamand Jan Jambon a ainsi annoncé une aide équivalente à 10% de la parte du chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière. Le gouvernement bruxellois, où les cafés sont déjà fermés, avait déjà pris des mesures. le gouvernement wallon se réunira pour sa part demain/samedi, a annoncé le ministre-président Elio Di Rupo.

La fermeture forcée, un “coup de grâce” pour de nombreux exploitants horeca

S’il comprend la nécessité de nouvelles mesures drastiques pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) “regrette profondément que l’économie, et plus particulièrement l’ensemble du secteur horeca, soit visé par une fermeture obligatoire pendant quatre semaines”. Il prédit que ce 16 octobre sera “un jour historique qui va être le coup de grâce pour de nombreux exploitants“.

Cela pénalise l’économie et les chiffres récents prouvent qu’une telle fermeture a des conséquences dramatiques“, réagit ainsi Christine Mattheeuws, présidente du SNI. “Nous ne sauverons pas le pays en imposant uniquement des mesures plus strictes à l’économie. Les travailleurs indépendants sont pris en otage et en payent le prix. Nous ne pouvons l’accepter.

Depuis leur réouverture après le confinement de mars-avril, les cafés ont déjà un chiffre d’affaires inférieur de plus de 40% par rapport à avant la crise, s’inquiète l’organisation. “Cette fermeture va être le coup de grâce pour de nombreux exploitants horeca, surtout quand on sait qu’un tiers n’avait pas constitué de réserves suffisantes avant le coronavirus pour pouvoir survivre à un choc sans mesures supplémentaires“, prédit-elle.

Le SNI craint “un bain de sang financier inédit“. “L’année dernière, il y a eu un peu plus de 2.000 faillites dans l’horeca. Les experts craignent que ce chiffre ne soit désormais facilement supérieur de 40%.

Il n’a été prouvé nulle part que l’économie et l’horeca en particulier ont un impact négatif sur la propagation du coronavirus, insiste l’organisation. “L’horeca n’est pas un cluster important, les chiffres de l’Aviq (Agence wallonne pour une vie de qualité, NDLR) prouvent le contraire. Nous ne savons toujours pas avec précision où sont les foyers de contamination en Belgique: école, travail, horeca“.

Le syndicat demande dès lors que l’on procède d’urgence à une cartographie de ce qui contribue effectivement à la propagation (accélérée) du virus et que des mesures ciblées soient prises sur cette base. “Dans le cas contraire, on va continuer à prendre des mesures qui n’arriveront pas à leur objectif, à savoir le ralentissement de l’épidémie. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’indépendants sont pris en otage par les mesures existantes et nouvelles, alors qu’ils se battent depuis des mois pour survivre. C’est inacceptable.

Belga

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17 octobre 2020 - 11h01
Modifié le 17 octobre 2020 - 11h01