1000 personnes à Trône pour réclamer une loi Climat : des nouvelles actions en discussions

Quelque 1.000 personnes se sont rassemblées mardi midi sur la place du Trône, à Bruxelles, pour réclamer, une nouvelle fois, une politique climatique plus ambitieuse, à travers la “loi Climat”, toujours en discussions.

À l’appel de Youth4Climate et de Students4Climate, quelque 500 manifestants ont rejoint les activistes qui occupent depuis dimanche la place du Trône. Quelques “gilets jaunes” étaient également présents. Sur la place, des discours animaient le public, qui scandait chants et slogans. “On a déjà pas mal pesé”, estime Yan Verhoeven, membre du mouvement Act4Climate. “Le fait que le MR ait changé de position est déjà significatif. (…) Il reste le vote en plénière où d’autres partis bloquent encore et donc on va continuer jusqu’au dernier moment à mettre la pression par tous les moyens possibles. On pense que c’est un enjeu historique. La “loi Climat”, n’est pas suffisante, mais c’est un premier pas et si même ça on n’arrive pas à l’obtenir, ça ne fera que montrer le peu de considération des politiques pour les enjeux climatiques”.

Le mouvement à l’origine de l’action sur la place du Trône, Act4Climate, a annoncé qu’il levait le camp ce mardi. Certains, comme les gilets jaunes, se sont dits intéressés de poursuivre l’occupation. Vers 13H20, la police dénombrait encore quelque 120 personnes sur place.

Selon Adélaïde Charlier, porte-parole francophone de Youth4Climate, aucun appel n’a été lancé au nom de Youth4Climate pour les prochains jours, mais “des jeunes pourraient décider de maintenir une marche jeudi”, précise-t-elle, ajoutant que “l’organisation d’actions est en discussion“.

Révision de la Constitution

La loi Climat discutée au parlement vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030 et de 95% d’ici 2050, établit des principes régissant la politique climatique belge et élabore une structure institutionnelle qui coordonne cette politique. L’un des buts poursuivis est de surmonter l’éclatement de la compétence entre les Régions et l’État fédéral, source de discorde et d’extrême lenteur.

Le Conseil d’État a toutefois estimé que la proposition ne pouvait être votée telle quelle. Parmi plusieurs pistes de solution, il proposait une révision de l’article 7bis de la Constitution pour y intégrer une phrase qui permette de voter la proposition de loi spéciale Climat. Mardi, les socialistes, les écologistes, le cdH et le MR ont soutenu la proposition de révision. La N-VA, le CD&V et l’Open Vld ont voté contre. La révision sera soumise jeudi à la séance plénière de la Chambre où elle doit recueillir une majorité des deux tiers. Sans changement d’attitude du CD&V et de l’Open Vld, elle sera rejetée.

“Certains disent préférer s’intéresser à des mesures concrètes et là on se rejoint, mais voter la loi Climat n’empêchera pas de faire ce travail”, affirme le porte-parole de Greenpeace, Joeri Thijs. De son côté, Adélaïde Charlier ajoute que les idées des citoyens soumises via la plate-forme de Youth4Climate sont en train d’être étudiées par des experts et que des initiatives politiques seront proposées d’ici les élections. (avec Belga)

■ Reportage de Jean-Christophe Pesesse et Thierry Dubocquet.

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26 mars 2019 - 19h05