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10 ans après les attentats de Bruxelles : “On est toujours au même point qu’il y a dix ans”, déplore un survivant de Zaventem

“En tant que victime, je trouve que quelques progrès ont été faits, mais qu’on est finalement quasiment au même point qu’il y a 10 ans“, a confié jeudi Walter Benjamin, survivant des explosions du 22 mars 2016 à Zaventem. L’homme s’est dit “très fâché” sur la “maison Belgique” et ne pas comprendre “ce qui ne va plus dans le pays“.

Celui-ci s’exprimait dans le cadre d’une conférence de presse organisée par l’association de victimes Life for Brussels, qui représente 700 victimes du terrorisme en Belgique. L’ASBL a dressé un bilan peu flatteur de l’aide aux victimes, dix ans après les attentats du 22 mars 2016. Peu de recommandations de la commission mise en place après les attaques ont en effet été mises en place. Seules sept sur 46 ont réellement vu le jour, neuf n’ont jamais abouti et 30 sont passées à la trappe. Parmi ces dernières, l’absence d’instauration d’un fonds de garantie est particulièrement pointée du doigt.

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Life for Brussels a aussi déploré que, depuis 2024-2025 le Service fédéral des Pensions (SFP) réclame “illégalement” à certaines victimes des montants déjà perçus grâce à la pension d’indemnisation. Le Service a entre-temps fait machine arrière et présenté ses excuses aux personnes concernées. “Je fais partie des 57 personnes ayant reçu une lettre disant que j’avais trop perçu, on me réclame un montant de l’ordre de 130.000 ou 150.000 euros” s’est ému Walter Benjamin. “Je ne dors plus depuis que j’ai reçu ce courrier. C’est une dette… Si je viens à mourir, c’est ma fille qui devra l’assumer.”

“On est considérés comme un poids pour cet Etat, on coûte de l’argent” a-t-il ajouté. “Ce pays va dans le mur, je ne sais plus ce que ça veut dire d’être belge. Si je pouvais, je rendrais carte d’identité et passeport.” “Le blabla c’est terminé, c’est le moment de l’action. Bougez-vous et montrez que vous en avez quelque chose à faire de vos citoyens”, a-t-il enfin lancé à l’adresse du gouvernement. Un avis partagé par Daniëlle Iwens, autre survivante de l’aéroport, qui demande que l’État “montre sa volonté de nous aider“. “Je veux aller de l’avant, mais l’État ne prend pas ses responsabilités“, a-t-elle ajouté.

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Georges Dallemagne, membre de la commission parlementaire attentats de l’époque, a aussi tenu à prendre la parole. “Au moment de la mise en place de la commission parlementaire, je ne m’attendais pas à un résultat aussi médiocre de la part de l’État”, a lancé l’ancien parlementaire Les Engagés. “Il y a un manque d’empathie terrible, un État froid qui ne comprend pas ce qui s’est passé.” “L’objectif du fonds de garantie était de ne pas laisser les victimes seules face aux assurances, dont le but est de garder un maximum d’argent”, a-t-il précisé. “Parfois je me demande s’il n’y a pas eu conflit d’intérêt avec les assureurs dont l’État est actionnaire, ça mériterait d’être investigué.” “Il est temps de remettre ces propositions (de la commission parlementaire, NDLR) sur la table et d’avancer à ce sujet”, a conclu M. Dallemagne. Plusieurs autres parlementaires étaient également présents.

Belga 

 

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