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Validation de la colonisation dans le CEB : une carte blanche demande le retrait de la question de tout document officiel de la FWB

Une question d’histoire posée dans le CEB 2026 a créé la polémique. Elle était basée sur un document non contextualisé semblant valider la colonisation du Congo par Léopold II.

Une carte blanche signée notamment par “le Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations” et plusieurs universitaires recontextualise cette question polémique et demande son retrait. “Lors de l’épreuve de juin 2026 pour l’obtention du certificat d’études de base, un document concernant la colonisation du Congo par Léopold II nous pose particulièrement problème. Nous exigeons son retrait définitif des documents officiels de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Par ailleurs, nous requérons une concertation sur l’histoire de la colonisation belge entre la Direction des Standards éducatifs et des Évaluations (DSEE) et les actrices et acteurs qui se sont spécialisés dans ce domaine.”

La question incriminée

La question n°10 du volet formation géographique et historique demandait aux élèves de juger de la pertinence d’un document portant sur le Congo pour se renseigner sur la colonisation des Amériques du 15e au 18e siècle. Les correcteurs attendent logiquement que les élèves rejettent le document d’une part parce qu’il s’agit d’un document qui a trait à la fin du 19e siècle-début 20e siècle et d’autre part puisqu’il concerne l’Afrique centrale et non le continent américain .

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Une question qui répond aux critères et attentes du référentiel en formation historique, géographique, économique et sociale promulgué en 2022. Cependant, les signataires de la carte blanche dénoncent l’utilisation et le manque de contexte autour du document titré  « Léopold II, un roi entreprenant et un fin stratège ». Un texte qui est “éminemment équivoque et douteux” selon eux, d’autant plus qu’il est soumis à la lecture d’élèves de onze-douze ans, sans formation préalable à la nature du régime colonial léopoldien.

Le document, sans locuteur identifiable, affirme que « posséder une colonie est une volonté conquérante très ancienne » et que « de tout temps, les pays les plus forts et les plus développés se sont emparés de nouveaux territoires, de terres où vivent des peuples alors considérés comme inférieurs, moins organisés et jugés incapables de se défendre ». En résumé, il normalise la colonisation sous couvert de déterminisme naturel, établit une hiérarchisation raciste entre des êtres humains, nie l’agentivité et la résistance des populations colonisées et laisse de côté, volontairement ou non, les critiques acerbes du régime colonial de Léopold II, pourtant présentées dans l’exposition susmentionnée. Puisqu’elles et ils ne disposaient pas encore des connaissances nécessaires à sa compréhension, 50 000 élèves ont potentiellement absorbé ces informations sans la médiation et la contextualisation pourtant indispensable“, peut-on lire dans la carte blanche.

“L’anéantissement de dix ans de travail conjoint”

“Ce genre d’épisodes pour le moins fâcheux vient annihiler dix ans d’efforts communs et concertés par un ensemble large d’actrices et d’acteurs de la société civile et du monde enseignant primaire, secondaire et supérieur pour décoloniser les esprits des citoyennes et citoyens belges de demain. En effet, pendant une décennie, un travail important au niveau institutionnel, sur le terrain et du point de vue scientifique a fait considérablement évoluer la compréhension que nous avons de la colonisation belge et la gestion de ses durabilités (Stoler 2011) en termes de discriminations raciales multiformes dans la société belge et de violences militaires dans les pays anciennement colonisés. Cette dynamique a notamment permis de mettre à la disposition de toutes et tous une riche documentation mobilisable dans un contexte pédagogique. Elle a par ailleurs contribué à la reconnaissance par la justice des crimes contre l’humanité commis à l’égard des personnes métisses de Belgique. Il n’est plus acceptable de traiter la colonisation belge avec autant d’imprécision et de nonchalance. Nous estimons qu’il est de la responsabilité de la ministre de l’Éducation d’exiger de la DSEE qu’elle revoie sa copie et qu’elle retire la question incriminée de tout document officiel de la FWB. En outre, nous demandons à Madame Glatigny de reprendre la concertation entre les actrices et les acteurs de l’enseignement et les spécialistes de l’histoire de la colonisation”, concluent-ils.

Réponse de l’administration

Sollicitée par nos confrères du Soir, l’Administration de l’Enseignement a répondu à la polémique : “La question portant sur la colonisation vise à justifier la pertinence ou la non-pertinence d’un document donné par rapport à une problématique en lien avec un moment clé relatif à la multiculturalité en Belgique et dans le monde. La définition de la colonisation reprise dans le cadre de cette question est issue d’un extrait d’un document officiel publié par la FWB en 2015 tiré d’une exposition organisée par le musée royal de Mariemont. Cette définition ne fait en aucun cas l’apologie de la colonisation et met au contraire en avant son caractère discriminatoire.”

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Ils rappellent également que la question de la colonisation fait partie du tronc commun. “Tous les élèves aborderont dans le cadre du tronc commun la question coloniale sous un angle critique en mettant en avant les discriminations. Les référentiels mettent en effet en lumière le caractère discriminatoire, la ségrégation raciale et le caractère violent du processus colonial ainsi que la violence structurelle. Plus tard dans leur parcours scolaire, les élèves seront aussi amenés à énoncer des inégalités en lien avec la ségrégation raciale établie lors de la colonisation belge en Afrique centrale.”

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