Un syndicat policier dépose un préavis de grève du 12 mai au 30 juin
La CGSP a déposé un préavis de grève qui prendra cours le 12 mai pour une période allant jusqu’au 30 juin, indique le syndicat socialiste dans un communiqué mercredi. La CGSP dénonce l’absence de réponses du ministre de l’Intérieur Bernard Quintin et du gouvernement fédéral à l’attractivité du métier de policier.
Une action syndicale est déjà programmée le vendredi 24 avril à 06h30 à la gare Bruxelles-Centrale. Une rencontre est aussi prévue avec Georges-Louis Bouchez à 09h au siège du MR, précise le syndicat.
“Il n’y a aucune prise en considération de la pénibilité et de la dangerosité à laquelle nous sommes confrontés au quotidien”, détaille la CGSP. “Les derniers comités de négociation des services de police laissent un constat amer et profondément préoccupant: aucune réponse concrète n’a été apportée par le ministre de l’Intérieur sur l’attractivité du métier de policier, alors même que la crise de recrutement et de fidélisation du personnel ne cesse de s’aggraver.”
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Le syndicat évoque des “solutions cosmétiques” – comme “l’engagement des militaires pour faire des patrouilles” –, mais “rien sur l’engagement du personnel manquant, rien sur la revalorisation salariale, rien sur le refinancement des zones de police mais une fusion des zones de police de Bruxelles que personne ne souhaite”.
La CGSP fait savoir qu’elle exige immédiatement “un véritable débat sur l’attractivité du métier de policier; une revalorisation salariale et statutaire; une amélioration concrète des conditions de travail; le renforcement des dispositifs de fin de carrière par un véritable congé préalable à la pension; une reconnaissance réelle de la pénibilité du métier; et la suppression du plafonnement de l’indexation des salaires”.
Le Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) affirme ne pas être satisfait non plus des projets visant à rendre le métier de police plus attractif. “Pour nous, il faut d’abord que l’augmentation salariale promise soit mise en œuvre et que les accords antérieurs soient respectés avant que nous ne soutenions de nouveaux projets”, avance le président du SNPS, Carlo Medo.
Le syndicat prendra part à l’action de vendredi, mais émet toutefois des réserves quant au préavis de grève de la CGSP. “Un préavis de grève pour une période plus longue ne nous semble pas optimale à ce stade ; le dialogue doit d’abord avoir sa chance et, pour cela, nous voulons donc adopter une attitude constructive”, souligne encore Carlo Medo. Il affirme qu’une grève aussi longue pourrait avoir des conséquences néfastes pour les agents de police.
Réaction de Bernard Quintin
“Nous mènerons les négociations à la table, et non par médias interposés. Un calendrier de négociation a été communiqué aux syndicats”, a réagi le cabinet du ministre de l’Intérieur Bernard Quintin. “Ce Gouvernement a fait de la sécurité une priorité. Nous le prouvons chaque jour en renforçant les moyens humains et matériels de la police, et en menant des réformes attendues depuis parfois de très nombreuses années. Nous avons préservé la possibilité pour tous nos policiers de partir à la pension plus tôt que les autres travailleurs et nous sommes évidemment également très attentifs à renforcer l’attractivité du métier de policier.”
Le cabinet du ministre ajoute qu’il compte proposer aux syndicats “un certain nombre de mesures qui tiennent compte de l’engagement de nos policiers au quotidien sur le terrain, et qui devront permettre d’attirer des jeunes et moins jeunes vers la carrière”.
Belga – Photo : Belga