Un festival de lumières dans le parc d’Ossegem fin d’année: plusieurs experts critiquent le projet
La Ville de Bruxelles recherche un opérateur pour organiser un parcours lumineux immersif au parc d’Ossegem, au pied de l’Atomium, de la mi-octobre au début janvier, annonce Bruzz. Mais le projet suscite de vives critiques.
La Ville de Bruxelles a lancé un appel d’offres pour désigner un exploitant chargé d’organiser un parcours lumineux immersif et familial au parc d’Ossegem, à proximité de l’Atomium, de la mi-octobre au début janvier. La concession, dont l’appel à candidatures s’est clôturé lundi, pourra être prolongée à deux reprises, permettant jusqu’à trois éditions de l’événement.
Selon le cahier des charges, l’exploitant pourra utiliser l’ensemble du parc pour le parcours et installer des guichets, des échoppes de restauration démontables ainsi que des sanitaires temporaires. Le parcours ne pourra toutefois être ouvert que quatre jours par semaine au maximum, entre 17h00 et 22h00, détaille Bruzz.
Une partie des recettes reviendra à la Ville, qui affirme vouloir les réinvestir dans l’entretien des espaces verts. Le cahier des charges impose également des installations entièrement réversibles et non invasives afin de limiter leur impact sur la faune, la flore et le paysage.
Critiques des experts
Mais le projet est vivement critiqué par plusieurs experts. Interrogée par nos confrères de Bruzz, l’historienne de l’art et architecte paysagiste Ann Voets estime qu’un parcours lumineux de près de trois mois compromettrait la capacité du parc à se régénérer en hiver et risquerait de perturber la biodiversité, notamment les chauves-souris et leurs proies. Elle déplore aussi l’absence d’étude préalable identifiant les zones qui devraient rester inaccessibles pour protéger les espèces sensibles et souligne que le cahier des charges ne fixe aucun plafond de fréquentation. Selon elle, les secteurs les plus emblématiques, comme l’allée principale et le Théâtre de Verdure, seraient les plus exposés.
Le chercheur Jozef Vandermeulen (VUB) voit dans ce projet une nouvelle illustration de la privatisation temporaire de l’espace public au profit d’objectifs touristiques et financiers. Il estime que l’impact réel dépendra notamment de l’ampleur des fermetures, du prix des billets et de l’identité du futur exploitant.
Rédaction