Prolongation de la prison de Saint-Gilles : “Le deal conclu avec les communes n’est pas respecté”, estime Forest
La commune de Forest a réagi mardi avec la même inquiétude que sa voisine Saint-Gilloise à la récente annonce du gouvernement fédéral de la prolongation de la prison de Saint-Gilles. “Le deal conclu avec les communes n’est pas respecté”, estime le bourgmestre, dont la commune compte sur ces sites “stratégiques” pour de futurs logements.
La prison de Saint-Gilles, qui date de la fin du 19e siècle, devait normalement fermer ses portes en 2024, grâce aux nouvelles cellules de la prison de Haren. La surpopulation carcérale persistante en a décidé autrement, et le gouvernement a annoncé la semaine dernière un accord pour maintenir l’établissement ouvert “jusqu’en 2035 au plus tard, en fonction de la mise en service des capacités supplémentaires prévues dans les autres projets“, et avec une capacité augmentée à 600 places à partir de 2027. Elle est actuellement de 515 détenus.
Le bourgmestre de Saint-Gilles n’a pas été étonné de cette décision “inévitable“, indiquait-il vendredi, tout en regrettant le maintien d’un tel mastodonte dans un quartier densément peuplé. Jean Spinette soulignait aussi la vétusté de certains éléments: la prison ne pourra pas être maintenue sans investissements et rénovations, sans parler du personnel supplémentaire nécessaire.
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Forest partage ces préoccupations, dans un communiqué transmis mardi par le cabinet du bourgmestre Charles Spapens. Un tiers du site pénitentiaire se situe en effet en territoire forestois, rappelle-t-il. Même si le terrain et les bâtiments sont propriétés de l’Etat belge, avoir une telle prison sur son territoire a des conséquences sur la commune “en termes de sécurité, de mobilité, de développement du territoire“. “Ce sont, par ailleurs nos policiers qui suppléent en cas de grève“, souligne le bourgmestre.
Le “deal” avec les communes n’est pas respecté
En retardant in fine le déménagement des détenus vers un site hors de la ville (Haren), l’État ne respecte pas sa part du “deal” avec les communes, regrette Charles Spapens. Or, la commune a depuis longtemps des idées pour ces espaces, dans le cadre de sa “stratégie de développement urbain“. Ils présentent une opportunité unique d’installer en plein cœur de ville un “éco-quartier” conséquent avec espaces verts, logement public et abordable, mobilité, rappelle l’échevin Alain Mugabo (Planification Urbaine). La commune rappelle au passage une motion votée en 2022, qui envisageait déjà un tel “écoquartier exemplaire” avec une bonne part de logements sociaux.
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Par ailleurs, la commune s’inquiète du sort de l’ancienne prison de Forest, la “prison des femmes”, qui se trouve juste derrière celle de Saint-Gilles. Elle a été fermée fin 2022. “Nous demandons au gouvernement fédéral d’entamer rapidement une discussion sur son avenir et de développer un projet répondant aux priorités locales tel que du logement, une école, une crèche, des infrastructures sportives mais aussi un musée rappelant l’histoire carcérale et interrogeant ces pratiques. Le retard décidé pour Saint-Gilles rend cette demande encore plus urgente“, indique le bourgmestre Charles Spapens.
Belga – Photo : Belga Image