Aller au contenu principal
BX1

Procès Fallaoui : la victime d’une agression similaire au meurtre change de version

La victime d’une agression survenue le 9 juin 2023 à Anderlecht, présentant des similitudes avec le meurtre de Seghir Issaad commis une dizaine de jours plus tard, a modifié sa version des faits jeudi au procès de Wail Sarouyenne Fallaoui, accusé d’avoir tué Seghir Issaad dans la nuit du 20 au 21 juin 2023. L’homme avait refusé de comparaître mercredi devant la cour d’assises de Bruxelles, avant de finalement se présenter jeudi matin.

Je ne reconnais pas cette personne comme celle qui m’a agressée“, a affirmé au début de son audition devant la cour la victime de l’agression, actuellement détenue préventivement pour d’autres faits. L’homme avait été victime de coups et blessures le 9 juin 2023 dans le parc du Peterbos, à Anderlecht. Il aurait reçu plusieurs coups de matraque, ainsi que des coups au visage et aux jambes, avant que ses agresseurs ne lui sautent dessus, le laissant pour mort.

Lors d’une audition en avril 2024, présenté avec un nouveau panel photographique, il avait formellement reconnu deux suspects, dont l’accusé, qu’il disait connaître sous le surnom de “Shelby“. Il l’avait désigné comme le plus violent du groupe. “Il se prend pour un mini Pablo Escobar. Il m’a vraiment fait peur“, avait-il déclaré à l’époque. “C’est faux”, avait rétorqué Wail Sarouyenne Fallaoui à l’audience mercredi. “Je n’étais pas là. Je ne comprends pas pourquoi il m’a incriminé“, avait ajouté l’accusé. Le témoin a également affirmé jeudi que ses agresseurs de l’époque étaient cagoulés, ce qui n’apparaissait pas lors de deux auditions précédentes menées par la police locale en 2023 et par la police judiciaire en 2024.

Me Antoine Leroy, avocat des parties civiles, a ensuite demandé pour quelles raisons le détenu, victime de l’agression, avait spontanément donné le surnom “Shelby” aux enquêteurs. Il a répondu que c’était le seul surnom qu’il avait entendu au Peterbos. L’homme a par ailleurs déclaré s’être approvisionné “quelques fois” en stupéfiants à la plaine de jeux du Peterbos. Cette dernière se trouve à proximité immédiate du bloc 14, endroit où l’accusé avait précisé, mercredi, passer 12 heures par jour lorsqu’il vendait ses stupéfiants au Peterbos.

Me Antoine Leroy a enfin demandé au témoin s’il avait reçu des pressions, ce à quoi le témoin a répondu par la négative. Cette modification de version n’est pas la première dans ce procès, qui avait vu un autre témoin changer sa version des faits mercredi, corroborant la version de l’accusé, qui dit ne pas avoir commis les faits. Une autre témoin, appelante au 101 le soir des faits, avait également refusé de venir à la barre.

Peine de niveau 7

Le procès de Wail Sarouyenne Fallaoui s’est ouvert lundi à la cour d’assises de Bruxelles par la lecture de l’acte d’accusation. Il est accusé de meurtre sur la personne de Seghir Issaad, en 2023 au Peterbos, à Anderlecht.

Selon le nouveau code pénal, entré en vigueur au début du mois, s’il est reconnu coupable de meurtre il risque une peine de niveau 7, soit entre plus de 20 ans et 30 ans d’emprisonnement. Les faits remontent au mois de juin 2023. Le corps de la victime a été retrouvé en matinée, le 21, par un joggeur dans le quartier du Peterbos. Le joggeur s’est directement rendu au commissariat de police situé rue Démosthène, avant que le décès de la victime ne soit prononcé vers 6h00 du matin. Seghir Issaad était parent d’un enfant, âgé de dix-huit mois au moment des faits.

L’accusé a déclaré le 23 juin 2023 être “en état de choc”, et incapable d’expliquer les faits. Il a également reconnu avoir donné des coups, mais affirmé qu’il n’est pas un “tueur”. Le 12 juillet 2023, lors d’une autre audition, l’accusé a, à nouveau, reconnu avoir frappé la victime au visage, alors qu’il était sous emprise d’alcool. L’accusé a changé ensuite son comportement en octobre 2023, déclarant que ses précédentes explications “ne sont pas forcément fausses” mais qu’il ne peut pas dire ce qui est vrai et pas vrai. Wail Sarouyenne Fallaoui est connu de la justice depuis 2016, pour des faits de vol avec violence et tentative d’extorsion. Il a déjà été condamné à deux reprises en 2021 pour des faits de vol avec violences, menaces verbales, et détention et vente de stupéfiants.

Belga