Aller au contenu principal
BX1

Procès de Thomas Rorive: une peine supplémentaire de six mois requise pour voyeurisme

Pour la procureure du roi, l’ancien journaliste de la RTBF, Thomas Rorive, a volontairement omis de signaler au juge d’instruction, puis à la police, qu’il avait placé une caméra de surveillance dans son appartement en 2021 et qu’il disposait dès lors d’images attestant de la relation sexuelle avec A.B., qui a ensuite déposé plainte contre lui pour viol. La défense a soutenu que l’enregistrement était “purement involontaire”. La procureure requiert une peine supplémentaire de six mois.

Initialement poursuivi pour une prévention de viol et une prévention d’atteinte à l’intégrité sexuelle, pour lesquelles les débats sont clos, le parquet a ajouté une prévention de voyeurisme par enregistrement à charge de Thomas Rorive depuis l’audience du 25 mars. À cette audience, le tribunal avait demandé l’ouverture de devoirs d’enquête complémentaires sur les captures d’écran amenées par la défense de Thomas Rorive au procès. Ces trois images, tirées des caméras de surveillance que Thomas Rorive a installée à son domicile, montrent une relation sexuelle filmée par le prévenu à l’insu de l’une des plaignantes de ce dossier.

► Lire aussi | Thomas Rorive, maintenant poursuivi pour voyeurisme, obtient un délai pour préparer sa défense

À cette audience, le tribunal avait demandé l’ouverture de devoirs d’enquête complémentaires sur les captures d’écran amenées par la défense de Thomas Rorive au procès. Ces trois images, tirées des caméras de surveillance que Thomas Rorive a installée à son domicile, montrent une relation sexuelle filmée par le prévenu à l’insu de l’une des plaignantes de ce dossier. des images de vidéo surveillance pour tenter d’établir le consentement de la plaignante.

Prononcé le 24 juin à 08:45, pour l’ensemble des préventions.

Manœuvre “très interpellante”

La défense de Thomas Rorive utilise désormais trois captures d’écran tirées des images de vidéo surveillance pour tenter d’établir le consentement de la plaignante. Cette manœuvre est “très interpellante” et les images ont été amenées “très tardivement” devant le tribunal, a soutenu la procureure mardi devant le tribunal correctionnel, qui a rouvert les débats sur la question spécifique du voyeurisme par enregistrement.

La première mention des trois captures d’écran date de 30 juin 2025, soit quatre ans et demi après les faits et trois ans après la clôture de l’instruction. Or, le prévenu a fait les captures d’écran dans les 24 heures qui ont suivi la relation sexuelle du 13 janvier 2021, a rappelé la procureure. “Il a gardé cette vidéo en connaissance de cause. Il s’est bien gardé de donner ces éléments aux policiers, au juge d’instruction, au ministère public“, a-t-elle répété.

► Lire aussi | La défense de Thomas Rorive demande de “rétablir son honneur”, la procureure recadre sur la notion de consentement

Les trois captures d’écran n’apportent aucune information pertinente, selon la procureure, hormis celle que Thomas Rorive a bien filmé une femme à son insu pendant une relation sexuelle. Contrairement à ce que soutient la défense, elles ne sont pas des éléments de preuve de l’innocence du prévenu puisque le consentement ne peut être déduit d’une capture d’écran, a-t-elle encore rappelé mardi.

La procureure requiert contre Thomas Rorive une peine supplémentaire de six mois, ou une limitation des mesures de faveur, en plus des six ans de détention déjà requis par le ministère public dans ce dossier.

L’enregistrement vidéo était “purement involontaire”, soutient la défense

Dans une longue plaidoirie qui cherchait à refaire tout le procès de Thomas Rorive, l’avocat de l’ancien journaliste de la RTBF a soutenu que l’enregistrement vidéo de l’acte sexuel du 13 janvier 2021 était “purement involontaire”. La caméra de surveillance placée dans le salon du prévenu avait pour seul objectif “d’assurer la sécurité de sa famille”, a indiqué l’avocat, pour écarter la thèse du voyeurisme portée par le ministère public.

C’est uniquement parce que la plaignante A.B. a appelé Thomas Rorive le 14 janvier 2021, pour le questionner sur l’acte sexuel de la veille, que le prévenu a recherché la séquence vidéo à laquelle il avait encore accès, a poursuivi la défense. Thomas Rorive a alors fait trois captures d’écran pour “sauvegarder un élément probatoire” en cas d’accusation de viol.

Lire aussi | Thomas Rorive, ancien journaliste RTBF, doit répondre de faits de viol et d’atteinte à l’intégrité sexuelle

Décrivant la position sexuelle des deux adultes, Me Jean-Pierre Buyle a ensuite suivi la même ligne de défense qu’en février, lors du débat sur le déroulé de la nuit du 13 janvier 2021. Soit celle d’une relation sexuelle consentie. Il a décrit A.B., qui a porté plainte pour viol contre l’ancien journaliste, comme une plaignante “consentante”, “dominante” et aux propos “contradictoires”.
Non sans contradiction, Me Jean-Pierre Buyle a également reproché mardi à la procureure de ne pas avoir fait le nécessaire pour prouver qu’il s’agit bien d’A.B. sur les trois captures d’écran amenées par la défense pour innocenter l’ancien journaliste du viol sur A.B.

La défense de Thomas Rorive a plaidé l’acquittement ou la suspension du prononcé pour la prévention de voyeurisme, qui s’ajoute aux deux préventions initiales de ce procès, plaidées en février et en mars, pour le fait de viol et celui d’atteinte à l’intégrité sexuelle.

Thomas Rorive “voulait montrer sa bonne foi”

L’ancien journaliste de la RTBF a déclaré ce mardi qu’il avait fait les trois captures d’écran “dans l’urgence” et avec un téléphone dont la carte mémoire avec une “capacité limitée”, ajoutant qu’il était “nul avec un smartphone”. Il dit avoir agi “avec les moyens du bord” et réalisé ces captures d’écran “pour montrer ma bonne foi”, après avoir reçu un coup de fil de la plaignante A.B., qui lui demandait s’il avait “mis quelque chose dans son verre” le 13 janvier 2021.

Je ne suis pas responsable si les enquêteurs n’ont pas trouvé ces images chez moi“, a-t-il répondu à la procureure qui faisait la longue liste du matériel informatique saisi chez Thomas Rorive (ordinateurs, téléphones, tablettes, disques durs, cartes mémoire).

La procureure estime que le prévenu a volontairement omis de mentionner ou transmettre la vidéo complète de la relation sexuelle litigieuse avec A.B. au juge d’instruction, alors qu’il en était techniquement capable. Filmer sa partenaire sexuelle à son insu est une infraction, rappelle la procureure.

Mardi encore, pour ses derniers mots avant la clôture des débats, Thomas Rorive répétait qu’il n’avait “jamais violé qui que ce soit”. “Je peux regarder toutes mes collègues féminines dans les yeux à la RTBF. Je ne me suis jamais rendu coupable d’un acte illégal envers qui que ce soit“, a-t-il déclaré. Il se dit “victime d’un véritable lynchage médiatique“, orchestré par la RTBF. La plainte déposée par une ancienne collègue de la RTBF pour un attouchement durant la fête du personnel avait amorcé toute la procédure pénale contre Thomas Rorive, ensuite élargie avec une prévention de viol et une prévention de voyeurisme, puisque Thomas Rorive filmait sa victime présumée à son insu, comme en attestent les captures d’écran amenées par la défense à l’audience.

Avec Belga

 

BX1
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur nos mentions légales