Prix de l’essence: “les autocaristes se font beaucoup de soucis, certains ont déjà perdu des milliers d’euros”
La nouvelle augmentation à la pompe d’aujourd’hui inquiète le secteur des autocars, en cette période de vacances. Pour l’instant, le nombre de voyages reste stables, mais certains autocaristes doivent ajuster les prix.
Hamid et Mohamed s’apprêtent à parcourir 1300 kilomètres et doivent faire le plein juste avant le départ. La récente explosion du prix du diesel ne semble pas avoir impacté leur nombre de voyages : “On fait plus de voyages que les années précédentes. On ne sait pas ce qu’il en est des autres sociétés, mais nous on en fait plus qu’avant.”
Direction Barcelone avec à leur bord 60 élèves d’une école bruxelloise. Pour cette grande société de transport, les voyages en autocar ont la cote en cette période de vacances. Les prix ont été déterminés avant le début du conflit au Moyen-Orient.
Le prix de l’essence va atteindre mardi son plus haut niveau depuis juillet 2022, selon les chiffres publiés lundi par le SPF Économie. Le prix maximum d’un litre de 95 (E10) augmentera de 7,4 cents pour atteindre 1,997 euro. Le prix maximum d’un litre d’essence 98 (E5) augmentera quant à lui de 6,8 cents, atteignant 2,05 euros.
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“C’est clair que l’effet de l’augmentation du prix du diesel a un impact sur notre mode de fonctionnement et nos coûts, bien entendu“, confirme Gaëtan Binet, responsable des ventes chez Keolis. “Il faut savoir que ce type de réservation se fait généralement un an à l’avance. Donc ce sont des prix qui ont été remis en 2025 sur des prix moyens du marché.”
Mais la situation n’est pas similaire partout. Certains autocaristes ont déjà ajusté leurs prix. “Les autocaristes se font beaucoup de soucis, de plus en plus de soucis“, assure Kim Taylor, porte-parole de la Fédération belge des entrepreneurs d’autobus et d’autocars. “Ils ont déjà perdu des milliers d’euros depuis la crise au Moyen-Orient. Pourquoi ? À cause de la hausse du prix du diesel. Certains autocaristes réagissent en maintenant leur prix coûte que coûte. D’autres adaptent leur prix et informent leur clientèle.”
Une chose est sûre, les voyages en autocar restent une option prisée des Bruxellois pour partir sans faire exploser le budget. Ils seront d’ailleurs 16 000 à prendre la route pendant ces vacances de printemps.
■ Reportage de Valentine Rolus, Nicolas Scheenaerts et Stéphanie Mira