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Métro 3: les recommandations seront validées par la majorité ce vendredi magré les critiques de l’opposition

Le Parlement bruxellois devrait approuver vendredi en début de soirée les 24 recommandations de sa commission spéciale concernant le méga-projet de métro Nord-Sud, pour tenter d’éviter à l’avenir les difficultés rencontrées en cours de chantier. Celle-ci se sont soldées par la mise à l’arrêt durable de la prolongation vers le Nord.

Le vote de la majorité semble acquis, si l’on en croit celui qui est intervenu en commission. Dans l’opposition, c’est bien moins certain. Premier groupe à intervenir, le PTB a même annoncé le contraire. Idem du côté d’Ecolo, qui n’a pas tout incendié, notamment en termes de recommandations, de reporting et de sonnettes d’alarme.

En raison de la répartition complexe des responsabilités entre les différents partenaires institutionnels et les différents niveaux administratifs, la prise de décision dans ce dossier s’est révélée complexe. Qui plus est, la Région bruxelloise n’a pas été en mesure, dès le départ, de financer le projet et l’apport du Fédéral a été jugé rapidement insuffisant, au regard de l’explosion des coûts.

Il ressort aussi des constats que les problèmes rencontrés au Palais du Midi et à la Gare du Nord montrent clairement à quel point il est important de mieux anticiper les risques techniques, géotechniques et liés au patrimoine.

Pour la commission spéciale, les risques n’étaient pas répartis de manière optimale entre les pouvoirs publics et les entrepreneurs, et les conséquences économiques, sociales et urbaines du projet ont été sous-estimées.

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Six axes

En gros, les recommandations visent surtout à resserrer l’étau sur les préparatifs en amont de projets d’envergure.

Elles sont regroupées en six axes ayant trait à la gouvernance; la qualité des études et l’impact environnemental; la maîtrise des risques techniques et la soutenabilité budgétaire; au cadre juridique et au financement; à l’impact local; et enfin aux préalables pour achever le projet de métro 3.

Conformément à la déclaration de politique régionale du gouvernement Dilliès, et afin de répondre rapidement aux problèmes de saturation du réseau, la commission recommande ainsi de poursuivre les travaux d’infrastructure du tunnel du pôle Constitution et de le mettre en exploitation sous la forme d’un tramway.

Dans le même prolongement de la DPR, la commission demande de “réévaluer l’opportunité, la faisabilité technique et la soutenabilité financière du prolongement du métro entre la gare du Nord et Bordet avant toute décision relative à sa poursuite.

En attendant, il convient de renforcer l’offre de transport de surface, notamment sur l’axe Evere-quartier Nord, par le développement de solutions de tram performantes à court terme en concertation avec les communes concernées“, lit-on encore dans la vingt-quatrième recommandation.

► Voir notre reportage | Des rubans en signe de résistance contre le démantèlement du Palais du Midi

Élément central, la première recommandation vise quant à elle à instaurer un pilotage “unique, responsable et décisionnel au sein d’une seule administration pour tout projet d’infrastructure d’intérêt régional majeur“, dotée d’un directeur de projet identifié et responsable devant le gouvernement et le parlement bruxellois.

Il est aussi question de renforcer la transparence et la responsabilité par un reporting obligatoire avec un mécanisme de sonnette d’alarme.

Autre recommandation: garantir des décisions fondées sur des analyses complètes et objectives, notamment sur base d’une comparaison rigoureuse des alternatives, intégrant les dimensions économiques, techniques, environnementales et opérationnelles.

Afin de prévenir les conflits d’intérêts, il est demandé de prévoir une séparation stricte entre les études d’opportunité et les missions de faisabilité ou d’exécution.

Le rapport d’incidence sur l’environnement (RIE) et l’impact sur le patrimoine doivent être abordés en amont des décisions stratégiques.

Par ailleurs, “aucun marché de travaux ne devrait être attribué tant que les études géotechniques, topographiques, patrimoniales et environnementales ne sont pas réalisées“.

Il y a encore, sur le plan urbanistique, une demande de créer un cadre juridique spécifique permettant d’accélérer les demandes de permis, de diminuer les contraintes et de limiter les recours paralysants pour les projets de cette ampleur et d’utilité publique majeure.

Belga – Photo : Belga Image

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