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À Bruxelles, le blocus s’invite dans des lieux insolites : “C’est exceptionnel, il faut se l’avouer”

Avions Musée de l'Armée - Capture BX1

À l’approche des examens de la session d’août, plusieurs lieux bruxellois inattendus ouvrent gratuitement leurs portes aux étudiants en quête de calme. Du Musée royal de l’Armée à la bibliothèque du Centre culturel coréen, en passant par le food market Ratz, BX1 vous fait découvrir ces nouveaux décors du blocus.

Des livres, des ordinateurs et des étudiants concentrés, mais pas toujours dans le décor habituel d’une bibliothèque universitaire. Cet été, plusieurs espaces culturels et commerciaux de Bruxelles se transforment temporairement en lieux d’étude.

L’initiative doit permettre aux étudiants de préparer leur seconde session dans un cadre différent, parfois à quelques mètres d’avions historiques, d’ouvrages coréens ou des cuisines d’un marché alimentaire. À noter que, pour la plupart, une réservation préalable est nécessaire.

Un blocus dans les nuages

Au cœur du hall de l’aviation du Musée royal de l’Armée, le Sky Café accueille les étudiants avec une vue directe sur une collection d’avions historiques. Des places leur sont proposées du mardi au vendredi, de 10 à 16 heures. Leur inscription leur donne également accès au musée, qu’ils peuvent parcourir à leur guise pendant leur pause.

L’expérience est née d’une demande extérieure adressée au musée. Après discussion avec sa direction, l’accès gratuit a été autorisé pour un nombre limité d’étudiants. Le Sky Café s’est ensuite chargé de les accueillir.

► Reportage | Deuxième session : bibliothèques ou cafés, les étudiants bruxellois cherchent le cadre idéal pour réviser

“Ils ont demandé à venir ici pour avoir une autre vision plutôt qu’une bibliothèque”, explique Ingrid Lams, secrétaire de l’ASBL des Amis du Musée de l’Air et de l’Espace. Environ une vingtaine d’étudiants auraient fréquenté le café pendant la première période d’ouverture, selon son estimation. La capacité pourrait toutefois être plus importante.

En échange de l’accès à cet environnement inhabituel, le Sky Café demande aux étudiants de prendre une consommation. L’organisation reste légère : ils s’installent à une table, travaillent et peuvent profiter du buffet sur place.

Pour l’association, l’initiative constitue aussi une manière de faire connaître le café et le travail réalisé autour de la collection d’engins aéronautiques exposés. “C’est un bon cadre, c’est exceptionnel, il faut se l’avouer”, résume Ingrid Lams. Les premiers retours après la session de juin ayant été positifs, l’expérience a tout naturellement été renouvelée pour la seconde session en août.

Un blocus en terre coréenne

Autre ambiance à la bibliothèque du Centre culturel coréen. Dans une petite bibliothèque aménagée près de son exposition, qui met en valeur la culture coréenne, les étudiants travaillent entourés de livres et de documents consacrés à la langue, à l’histoire et à la culture de la Corée.

Jean-Michel, étudiant et futur professeur de géographie, fréquente cette bibliothèque depuis trois ans. “Le point essentiel ici, c’était la proximité (avec son domicile). Puis, le caractère original des lieux m’a aussi beaucoup motivé à venir”, explique-t-il. Pour étudier efficacement, les priorités de Jean-Michel sont simples : du calme et de la luminosité.

Le caractère “insolite” des lieux, comme il l’indique, ne constitue pas une distraction en soi. C’est d’ailleurs tout l’inverse : pour lui, ce décor permet de se changer les idées pendant ses pauses. Plutôt que de rester en permanence sur un campus ou chez lui, il peut parcourir les expositions du centre, juste à côté. “Je prends le temps parfois de lire un peu leurs livres et d’aller à l’expo. C’est intéressant de découvrir ça”, indique-t-il. Il recommande sans hésiter l’endroit, même s’il souhaiterait y trouver plus facilement de l’eau ou du café.

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D’autres étudiants interrogés sur place, comme Yousra et Aymen, expliquent avoir découvert ces espaces grâce à la plateforme étudiante Brik. Pour eux, sortir du domicile permet de mieux séparer le temps de travail et le repos. “Pour moi, la maison, c’est vraiment pour se reposer”, indique Yousra en riant.

Des révisions au-dessus d’un marché alimentaire

À Ixelles, le food market Ratz propose une autre formule à la carte. Cinquante places d’étude sont installées au premier étage du bâtiment. “Comme le Ratz se veut être un lieu multifonction et que de plus en plus d’étudiants veulent avoir de la tranquillité pour étudier, on s’est dit que c’était une bonne idée d’ouvrir des salles”, indique Thierry Goor, gérant. Pour permettre cette tranquillité, l’espace est séparé du reste du marché afin d’éviter que les clients ne dérangent les étudiants. Ces derniers peuvent s’y rendre à partir de midi, une solution notamment destinée à ceux qui préfèrent commencer leur journée de travail plus tard.

Il ajoute qu’aucune condition de consommation n’est exigée pour avoir accès à l’espace d’étude. “Et on leur offre même de l’eau citronnée !”, ajoute-t-il.

Le lieu associe ainsi une salle d’étude temporaire à l’activité habituelle du marché alimentaire. Les étudiants disposent ainsi d’un espace distinct pour travailler, mais ils peuvent aussi profiter des possibilités de restauration lors de leurs pauses.

Sortir de chez soi pour mieux étudier

Derrière l’originalité des décors se trouve un besoin très concret. Tous les étudiants ne disposent pas, chez eux, d’une pièce calme ou d’un environnement adapté à de longues journées de travail. Les bibliothèques peuvent également être rapidement complètes pendant les périodes d’examens, voire fermées en période estivale.

Mais pas de panique. À Bruxelles, plein d’autres solutions existent encore. Plusieurs CPAS mettent notamment des salles à disposition, avec des ordinateurs et des imprimantes. Certains étudiants rencontrant des difficultés particulières peuvent même disposer temporairement d’une chambre individuelle dans un centre de soins résidentiel. Le huitième étage de Brucity est également accessible, tandis que la Bibliothèque royale reste une option plus classique, moyennant une inscription annuelle.

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Du hall d’un musée à une bibliothèque consacrée à la Corée, les espaces de blocus investissent ainsi des lieux éloignés des campus. Entre deux chapitres, les étudiants peuvent observer un avion historique, découvrir une autre culture ou simplement changer d’air. Le décor ne passera pas l’examen à leur place, mais il peut rendre le chemin jusqu’à la seconde session un peu plus gai.

David Mvano (st.) – Photo : BX1