Métro 3: il faudra plusieurs années avant de pouvoir redémarrer les travaux sous les voies de la gare du Nord
Les travaux entrepris sous les voies de chemins de fer de la Jonction Nord-Midi pour réaliser la cavité à même d’y accueillir un tunnel de métro ne sont pas près de redémarrer avant plusieurs années, est-il ressorti jeudi des travaux de la commission spéciale métro 3 du Parlement bruxellois.
Cette commission spéciale en charge de passer à la loupe la gestion du projet de métro Nord-Sud de la capitale durement critiquée par la Cour des Comptes en était jeudi à sa dix-huitième séance d’auditions.
Les commissaires ont entendu Henri Ernst, administrateur délégué de Galère SRL, une des composantes de la société momentanée Progrès.
Celle-ci était chargée, jusqu’ici, de réaliser le délicat tunnel sous les voies de chemin de fer de la gare du Nord, sans interruption du trafic de trains. Cet ouvrage a été jugé indispensable non seulement pour permettre la réalisation de la partie nord, vers Bordet, du projet de métro 3, mais aussi, dans une version beaucoup plus limitée, de mise en métro de l’axe Albert-Nord existant, actuellement desservi par des tramways.
C’est, dans cette dernière hypothèse, à cet endroit que les rames de métro seraient amenées à rebrousser chemin.
► Lire aussi | Commission spéciale métro 3 : les riverains du Palais du Midi ne se sentent pas suffisamment écoutés
De l’aveu de M. Ernst, la SA momentanée Progrès est moins spécialisée dans les travaux de métro en tant que tels que dans ceux de génie civil, forte de son expérience antérieure dans la réalisation du tunnel ferroviaire Schuman-Josaphat.
Des travaux à l’arrêt pour longtemps
L’audition du jour a confirmé qu’en cet endroit, les travaux sont complètement à l’arrêt pour longtemps. Les puits d’accès déjà réalisés ne sont pas perdus dans l’hypothèse d’une reprise de chantier dans les années à venir, mais il est apparu clairement, des propos du témoin du jour, que le Maître d’Ouvrage, Beliris, a récemment demandé à la S.A. Progrès de réaliser rapidement des travaux de remise en état des rues du Progrès et d’Aerschot, selon les plans prévus dans le cadre du marché initial et du permis.
Cela implique que les travaux de réalisation de la cavité sous le tunnel ne sont pas près de redémarrer.
Comme sous le Palais du Midi, le chantier sous les voies de la gare du Nord a révélé son lot de mauvaises surprises dans le sous-sol, ce qui a nécessité une remise en cause de la technique retenue.
On y a notamment repéré la présence d’une nappe perchée d’eau souterraine assortie d’un courant d’eau. Schématiquement, celle-ci empêchait le durcissement du ciment que l’on comptait injecter pour stabiliser la cavité avant d’y construire le tunnel proprement dit. Le risque pour la sécurité des ouvriers de chantiers a été jugé élevé.
► Voir aussi | Métro 3: “Ce chantier est là, pourrit la vie des riverains, des commerçants, des forains et on préfère avoir un état de fait”
Selon Henri Ernst, il y a à présent un accord entre la SA Progrès, Beliris, et Bruxelles Métro Nord sur une nouvelle technique baptisée V.E.R.T. pour construire la « cavité » prévue sous les voies de chemin de fer.
Le montant du marché était de 44, 230 millions d’euros HTVA en 2019, dont 22,560 millions HTVA ont déjà facturés et payés.
La mise en oeuvre de la nouvelle technique V.E.R.T. nécessitera une dépense de 75,119 millions d’euros (au-delà des 22 millions) sur la base des montants non actualisés de 2019, a-t-il dit.
La décision d’avancer dans cette direction a été bloquée durant le long épisode des affaires courantes qu’a traversé la Région bruxelloise, a-t-il ajouté.
Belga – Photo :