Marie-Hélène Ska (CSC) veut rééquilibrer la fiscaltié : “Globalisons l’ensemble des revenus pour diminuer la pression sur le travail”
Marie-Hélène Ska, la secrétaire générale de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC), était l’invitée de 8h15 dans Bonjour Bruxelles. Elle répondait aux questions de Fabrice Grosfilley.
La CSC, la FGTB et la CGSLB, accompagnés de leurs pendant flamand, ont présenté jeudi, lors d’une conférence de presse, quatorze “propositions alternatives” aux “choix budgétaires problématiques” du gouvernement fédéral, qui permettraient de récupérer 21,2 milliards d’euros. Une pétition “pour une fiscalité plus juste” a également été lancée.
C’est avec l’idée d’une société “où tout le monde contribue à son niveau” que les syndicats ont élaboré la série de mesures qu’ils ont présenté. Selon eux, la politique fiscale belge actuelle est inéquitable car les revenus du travail sont largement plus imposés que les revenus du capital, ce qui a un impact négatif sur la solidarité et le financement de la sécurité sociale. Le front commun déplore les décisions budgétaires de l’Arizona (MR, Les Engagés, Vooruit, CD&V, N-VA), qui prévoit notamment des coupes dans les dépenses publiques et sociales et un transfert de la charge fiscale vers les travailleurs. CSC, FGTB et CGSLB affirment que ces mesures auront pour unique effet d’augmenter les inégalités et creuseront le déficit budgétaire.
Pour Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, il faut avant tout rééquilibrer la fiscalité. “Aujourd’hui, les revenus du travail – quand vous êtes salariés – sont connus jusqu’au dernier centime par le fisc. Et puis dans ce pays, on se plaint continuellement que la pression fiscale sur le travail est trop forte. Mais forcément ! Puisqu’il n’y a quasi plus que le travail qui contribue aux recettes de l’Etat. Ce que nous demandons : c’est qu’un euro soit égal à un euro, que vous l’ayez touché par héritage, que vous ayez gagné au Lotto, que vous travaillez ou que vous ayez de la propriété mobilière ou immobilière. Globalisons l’ensemble des revenus. Et, à ce moment-là, on peut avoir une progressivité de l’impôt qui est beaucoup plus forte et donc on peut diminuer très fortement la pression sur le travail“, explique-t-elle au micro de Bonjour Bruxelles.
Rédaction