“L’Etat n’a ni de plan pour la deuxième vague ni pour les questions sociales”

Céline Nieuwenhuys fait partie du groupe d’experts du GEES pour le déconfinement et est secrétaire générale de la fédération des services sociaux. Elle est inquiète car l’Etat n’a pas de plan en cas de deuxième vague de coronavirus.

Les experts qui forment le groupe GEES ne sont pas toujours écoutés par les politiques. Pour le 18 mai, l’Etat aurait dû prendre des décisions pour le suivi de contact, l’isolement, la mobilisation du personnel soignant déjà fatigué. Dans son dernier rapport, la question de la santé mentale y figure. Pourtant, l’Etat ne la prend que très peu en considération. Tout cela inquiète Céline Nieuwenhuys.

” Le politique a conscience des choses à mettre en place pour être mieux préparé que lors de la première vague. Et pourtant, sur le plan sanitaire, il y a des instances trop dispersées. Concernant la santé mentale, on ne pourra pas gérer comme la première. On ne peut plus mettre les gens en confinement dans des espaces petits surtout si les enfants sont déjà en décrochage scolaire.”

Selon la spécialiste, les questions liées à la précarité ne sont pas non plus assez prises en question. “On prévoit une hausse entre 15 et 45% des bénéficiaires du CPAS. Il faut urgemment prendre des mesures préventives pour que les gens ne tombent pas dans la précarité. Cela coûte cher à l’état d’aider les gens à se relever.”

Les questions sociales ont moins de place que les questions de santé dans le GEES. “La plupart des mesures que j’ai proposé comme étendre la couverture santé, transformer l’aide en chèque alimentaire ou donner une prime aux personnes qui sont tombées, aucune n’a été mise en place. On commence seulement à mesurer l’importance de la vague sociale.”

■ Interview réalisée par Jim Moskovics

V.Lh. – Photo: Belga/Siska Gremmelprez

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09 juin 2020 - 17h05
Modifié le 09 juin 2020 - 17h08