Les CPVS ont pris en charge plus de 5.000 personnes en 2025
Les Centres de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) ont accueilli plus de 5.000 victimes en 2025, ressort-il de chiffres publiés jeudi par les CPVS. Le nombre de victimes augmente depuis plusieurs années, ce qui peut s’expliquer en grande partie par la hausse du nombre de centres et de leur notoriété, non pas parce que le phénomène prend de l’ampleur.
Entre 2017, quand les premiers centres ont ouvert, et 2025, inclus, plus de 22.500 victimes ont été prises en charge. Dans la majeure partie des cas, les victimes étaient des filles et des femmes (90%). Pour la plupart des victimes (62%), l’auteur des faits est une personne qu’elles connaissent : une personne vivant sous le même toit, un ex-conjoint, un ami ou une connaissance. La moyenne d’âge des victimes est de 24 ans.
La Belgique compte dix CPVS pour l’instant. Les victimes peuvent s’y rendre gratuitement, à toute heure, pour y recevoir une aide spécialisée. Trois autres centres vont ouvrir à l’automne : à Ottignies pour l’arrondissement judiciaire du Brabant wallon, à l’UZ Jette pour celui de Hal-Vilvorde et à Tournai pour l’arrondissement Mons-Tournai. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) coordonne et soutient les centres.
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Ces données ont été dévoilées à l’occasion de la projection du documentaire ‘The Sessions‘ de la réalisatrice Sien Versteyhe. Le film suit une étudiante et son suivi psychologique dans un CPVS. La cinéaste a tenu à mettre en avant les conséquences des violences sexuelles en montrant le parcours que traverse une victime après les faits. Le documentaire essaye également de lutter contre l’image stéréotypée de l’auteur des faits, qui est généralement une personne connue de la victime. Le long métrage sera projeté dans les salles de cinéma et les centres culturels belges à partir du 30 septembre.
Le documentaire souligne également les nombreux classements sans suite de ces affaires, étant donné qu’il s’agit simplement d’une parole contre l’autre. “Le problème ici c’est évidemment la différence entre la réalité juridique et la réalité“, explique la directrice adjointe de l’IEFH, Liesbet Stevens. “Ce qui est frustrant dans ce genre d’affaires, c’est que les magistrats de parquet disent parfois aux victimes ‘je te crois, mais je ne peux pas le prouver’. Seules les affaires les plus extrêmes risquent alors d’être portées devant les tribunaux, par exemple les cas très violents. Le fait que la plupart des affaires de viol ne se déroulent pas ainsi fait que le système judiciaire dans son ensemble ne parvient en réalité pas à rendre justice à la victime et, par extension, à la société.”
Pour Mme Stevens, la solution consiste à faire de la problématique des violences sexuelles une priorité. “Cela veut dire que ces affaires doivent faire l’objet d’une enquête rapide menée par des spécialistes. Heureusement, des efforts ont déjà été déployés dans ce sens ces dernières années.”
Belga