Le formateur bruxellois Yvan Verougstraete propose une nouvelle taxe auto pour fluidifier le trafic, le MR réagit
Cette mesure pourrait rapporter entre 60 et 70 millions d’euros par an dès 2028.
Le formateur bruxellois, Yvan Verougstraete (Les Engagés) étudie l’instauration d’une taxe visant à réduire la congestion dans la capitale, selon une information de nos confrères de La Libre Belgique. Ce projet concernerait les véhicules circulant aux heures de pointe (7h30 à 9h et 16h à 19h), dans certaines zones de Bruxelles comme l’hypercentre. Cette taxe ne serait pas calculée au kilomètre mais selon les entrées dans la zone ciblée. Les détails, comme le périmètre exact et le public visé (résidents ou navetteurs), restant quant à eux, à définir.
Cette proposition s’inscrit dans un ensemble de mesures budgétaires visant à rééquilibrer les finances régionales, avec notamment la suspension du Métro 3, une réduction des dépenses administratives et la hausse des tarifs de transport public.
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Le projet, proposé par le formateur dans sa déclaration de politique régionale, transmise aux sept partis (PS, Engagés, Ecolo, Défi, Groen, Vooruit, CD&V) s’inspire largement d’initiatives précédentes comme SmartMove, un dispositif de taxe kilométrique abandonné sous la précédente législature. Il intervient dans un contexte où la Flandre et la Wallonie prévoient l’introduction d’une vignette routière, que Bruxelles envisage également (un montant de 100 euros par an serait sur la table).
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Si l’objectif principal serait de désengorger le centre-ville et de moderniser la fiscalité automobile, rien est encore acté. Les discussions se poursuivent entre les différents représentants des partis, en vue de former un gouvernement de plein exercice à Bruxelles.
Le MR dénonce une nouvelle taxe ciblant la classe moyenne
Le MR, par la voix de sa cheffe de groupe au Parlement bruxellois Clémentine Barzin tire la sonnette d’alarme. “Au lieu de réformer l’appareil public bruxellois, la coalition s’attaque à celles et ceux qui travaillent à Bruxelles. Le MR s’y oppose fermement.”
Le parti met en garde contre le risque d’un exode des Bruxellois et des entreprises, alors que le déficit régional atteint 1,55 milliard d’euros en 2025, et plaide pour des réformes structurelles plutôt que des charges supplémentaires sur la classe moyenne.
Même son de cloche pour David Weystman, vice-président de la régionale du parti. “Taxer ceux qui travaillent dans une ville qui ne cesse de se paupériser est une grave erreur”, a réagi mardi David Weytsman. Celui-ci juge que “dans un pays champion des impôts sur le travail, proposer une nouvelle taxe aux heures de pointe revient à taxer directement ceux qui bossent”. Cela constitue “encore une mesure contre l’activité, contre l’effort, contre ceux qui font vivre Bruxelles, dans une ville qui se paupérise déjà”.
Selon David Weytsman, l’hypercentre de la capitale n’a plus de trafic de transit: la circulation y est aujourd’hui soit essentiellement locale soit liée aux travailleurs et aux clients.
Le chef de file libéral s’est par ailleurs dit totalement opposé à l’ajout de nouvelles caméras ANPR dans le centre. Celles-ci “sanctionneraient automatiquement habitants, clients et commerçants. Cette logique punitive n’est pas une politique de mobilité, c’est du racket”, a-t-il jugé.
“Cette idée est à contre-courant de ce qu’il faut faire. À la Ville, nous faisons tout l’inverse à travers des mesures visant à rendre le centre plus fluide et accessible (réouverture des filtres pour les habitants et commerçants, meilleure signalisation des parkings)”, a soutenu David Weytsman.
Rédaction avec Belga





