Le Centre Culturel de Forest en grève ce jeudi 9 avril : “Nous utiliserons tous les moyens, y compris juridiques, pour nous défendre”
Le BRASS annonce une grève pour protester contre des coupes qui fragilisent ses activités et son avenir.
Le Centre Culturel de Forest annonce une grève ce jeudi 9 avril pour dénoncer une “double attaque” contre ses financements et ses projets. Dans un communiqué, la structure pointe un “déni de démocratie sociale” et regrette des décisions prises “sans absolument aucune concertation avec les acteurs de terrain”. “On ne gère pas un secteur vital pour la cohésion sociale par de simples notifications administratives unilatérale”, souligne le BRASS.
D’un côté, Actiris a mis fin à une convention ACS, ce qui entraînera un surcoût net estimé à 24.000 euros par an. De l’autre, la Fédération Wallonie-Bruxelles a supprimé leur reconnaissance en diffusion des arts de la scène. Une décision attribuée à Élisabeth Degryse qui “met directement en péril notre déploiement sur le pôle spectacle du futur pôle culturel ABŸ (abbaye de Forest) — et ce alors même que le BRASS y développera une salle d’exposition, des ateliers créatifs et des résidences en arts plastiques”. “Couper nos moyens de diffusion avant même l’ouverture, c’est amputer un projet culturel majeur pour Forest avant qu’il ne naisse”, explique encore la structure.
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Face à cette situation, le centre culturel annonce vouloir “utiliser tous les moyens, y compris juridiques (Conseil d’État), pour se défendre” et appelle à une mobilisation contre “le sabotage de l’emploi et de la culture de proximité”.
Un problème plus large qui touche le secteur non-marchand
La Région bruxelloise coupe 40 millions d’euros dans les aides à l’emploi. Les contrats ACS sont touchés. Plus de 5.000 emplois du secteur non-marchand pourraient être concernés à Bruxelles, sans réelle concertation selon les acteurs de terrain.Dans le social et la santé, ces postes financent souvent des fonctions essentielles. Des psychologues. Des travailleurs sociaux. Des accompagnateurs pour des publics fragiles.
Concrètement, certaines associations ont déjà reçu un préavis. Leurs conventions pourraient s’arrêter dans quelques mois. D’autres voient leurs financements diminuer ou leurs coûts augmenter.Les premiers effets se font déjà sentir. Des recrutements gelés. Des projets suspendus. Et à terme, ce sont des services entiers qui pourraient disparaître.
Les associations rappellent que ces emplois sont aussi un tremplin vers le marché du travail. Les réduire, c’est fragiliser les plus précaires et accentuer la pression sur le système social.
Face à cela, la mobilisation s’organise. Le secteur non-marchand répond à l’appel du front commun syndical à manifester ce jeudi.
BX1 – Photo : BRASS
■ Les explications d’Anaïs Corbin avec l’interview de Frederic Fournes, directeur du BRASS dans Bonjour Bruxelles