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“Ils confondent cause et conséquence”: l’offensive du MR sur l’immigration illégale dans le quartier Nord passe mal

Le bourgmestre de Schaerbeek et le président du MR ont pointé ces derniers jours l’immigration illégale comme la principale source du problème d’insécurité dans le quartier Nord, s’étendant sur Schaerbeek et Saint-Josse. Une sortie dénoncée par certains qui y voient de la récupération politique qui ne se penche pas sur les réelles causes du problème.

L’image se veut forte. On y voit le président du MR Georges-Louis Bouchez et le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir déambuler dans les rues du quartier Nord en pleine soirée. Cette visite a eu lieu lors d’une rencontre citoyenne organisée ce lundi soir par les jeunes MR dans le quartier Nord lors de laquelle le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) et la secrétaire d’Etat bruxelloise Audrey Henry (MR) étaient également présents.

Suite à ce déplacement, le constat du président libéral est sans appel. “Ce que j’ai vu dépasse l’entendement. Des gens qui se droguent au crack en rue, qui défèquent, du trafic d’être humain dans le cadre de la prostitution, des habitants qui ont peur et n’osent plus sortir de chez eux“, déclare-t-il sur les réseaux sociaux. Ce dernier en profite pour pointer du doigt le “laxisme” face à l’immigration illégale, qu’il présente comme l’une des causes de cette criminalité.

Plus tôt dans la journée, c’est le bourgmestre de Schaerbeek, Martin de Brabant (MR) qui, dans une large sortie médiatique, pointait la migration illégale comme la principale source du problème dans le quartier Nord.

“Ce n’est pas acceptable”

Ces déclarations ont provoqué des tensions au sein de la majorité schaerbeekoise, composée du MR, PS, Ecolo-Groen, Engagés et de DéFI.

Dans une vidéo, l’échevin Ecolo Vincent Vanhalewyn réagit : “Ce n’est pas acceptable de criminaliser l’immigration, même illégale. Ce qu’il faut, c’est une politique humaine de l’accueil, accompagnée de politiques de sécurité et de prévention. Ce que ne fait pas le gouvernement (ndlr : fédéral) MR-Engagés-N-VA.”

Même son de cloche du côté du député bruxellois et conseiller communal Hasan Koyuncu (PS), futur bourgmestre de Schaerbeek. “Dire que c’est à cause des migrants, c’est passer à côté des vrais problèmes“, déclare-t-il sur ses réseaux sociaux. “La situation dans le quartier Nord ne peut plus être traitée avec des moyens qui ne correspondent plus aux réalités de Bruxelles. Il faut agir sur les véritables causes de l’insécurité : le manque d’effectifs policiers, le sous-financement de la justice et les conséquences d’une politique migratoire fédérale qui laisse trop de personnes sans solution.

Selon le futur bourgmestre, la norme KUL, élaborée au début des années 1990 et utilisée pour déterminer les besoins policiers et répartir une partie du financement fédéral, doit être revue afin de tenir compte des réalités démographiques et sécuritaires actuelles. Il réclame 80 millions d’euros supplémentaires, qui permettrait selon lui de financer jusqu’à 800 équivalents temps plein, ainsi qu’un renforcement de la police de proximité et des moyens de surveillance.

“Confondre cause et conséquence”

Pour la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés BelRefugees, cette sortie médiatique du MR se trompe de cible. Son directeur général, Mehdi Kassou, rappelle que “la grande majorité des 120.000 sans papiers de Belgique travaillent et ne posent aucun problème“.

Désigner la ‘migration illégale’ comme ‘la racine du problème’ c’est confondre cause et conséquence dans un amalgame, aussi involontaire soit-il, relativement dangereux”, ajoute-t-il. “La réponse peut et doit parfois être judiciaire, mais elle doit aussi et surtout être sociale, sanitaire et migratoire. Sans cela, non seulement nous ne résoudrons rien mais en plus nous alimenterons, même involontairement, des amalgames qui fragilisent encore davantage la cohésion sociale

Pour le directeur de la plateforme citoyenne, le bourgmestre de Schaerbeek devrait d’avantage s’inquiéter de voir le nombre de personnes sans abri grimper en flèche à cause des politiques fédérales actuelles, citant la réforme du chômage, les CPAS débordés et la fermeture de places d’accueil. “L’abandon structurel du quartier Nord par les autorités à tous les niveaux depuis des années couplées aux mesures précarisantes et aux diminutions des ressources des acteurs de terrain sont les sujets pour lesquels il devrait se battre s’il veut vraiment voir du changement positif dans le quartier Nord“, conclut-il.

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