“Il y a un abus des recours” : la construction de logements reste compliquée à Bruxelles
Face à la crise du logement, Bruxelles doit-elle construire davantage et plus rapidement ? La question était au cœur du débat dans Bonsoir Bruxelles, avec Paul Vermeylen, urbaniste, et Anne-Catherine Galetic, promotrice immobilière. Au centre des échanges : la densification urbaine, les procédures de recours et la difficulté de faire aboutir certains projets immobiliers.
Pour Paul Vermeylen, la réponse à la pénurie de logements ne passe pas uniquement par les grands projets immobiliers. “Quand je regarde les villes européennes, notamment françaises mais aussi allemandes, 30 % des logements produits le sont par des particuliers, non pas des promoteurs”, souligne-t-il.
Selon l’urbaniste, de nombreux logements pourraient être créés en divisant des maisons ou des immeubles sous-occupés, notamment dans les quartiers périphériques de la capitale. “D’un point de vue de l’économie foncière, c’est beaucoup plus intéressant”, estime-t-il, car la création de plusieurs logements sur une même parcelle permet de réduire le coût du foncier.
Produire tous les types de logements
Anne-Catherine Galetic défend pour sa part le rôle des promoteurs dans la création de nouveaux logements. “C’est très bien de faire ça, mais c’est aussi très bien de produire du logement social, du logement moyen et du logement libre”, affirme-t-elle.
La promotrice rappelle que les projets immobiliers s’inscrivent dans des cadres définis par les pouvoirs publics. “Mon métier, c’est d’identifier les zones où les autorités ont dit qu’il était important de réaliser un projet et de m’inscrire dans cette continuité-là.”
Le poids des recours
Au-delà des délais administratifs, c’est surtout la multiplication des recours qui ralentit la réalisation des projets, selon Anne-Catherine Galetic. Elle dénonce “une multiplicité d’outils juridiques” qui retarde les chantiers et représente “du gaspillage de temps, du gaspillage d’argent”, mais aussi un manque à gagner pour les Bruxellois à la recherche d’un logement.
Sur ce point, Paul Vermeylen estime lui aussi qu’une fois les procédures de consultation terminées, les décisions doivent pouvoir être appliquées. “Les citoyens, les communes et les autres acteurs intéressés s’expriment, puis à un moment il y a une décision.”
Interrogé sur l’usage des recours, l’urbaniste va plus loin : “Il y a un abus des recours, soyons très clairs.”
Une chose fait consensus autour de la table : Bruxelles manque de logements. Reste à savoir comment en construire davantage sans alimenter les tensions avec les riverains et sans voir les projets s’enliser dans des années de procédures. Un défi auquel la Région devra apporter des réponses si elle veut enrayer la crise du logement.
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