Anderlecht : une réouverture du pont Marchant “à court terme n’est absolument pas envisageable”
Le chantier de rénovation du pont Marchant qui relie les deux rives du canal à Anderlecht reste toujours significativement enlisé.
C’est ce qu’il est ressorti mardi de la réponse apportée en commission parlementaire par la ministre bruxelloise de la Mobilité et des Travaux publics Elke Van den Brandt (Groen) à une énième question posée dans ce sens par les députés régionaux Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) et Sevket Temiz (PS).
Erigé en 1936, cet ouvrage qui surplombe le canal, en reliant le quartier de la Petite île, une zone en plein développement urbain à la chaussée de Mons, est fermé à la circulation depuis 2014 en raison de problèmes de stabilité.
Depuis 2011, plusieurs demandes de permis de construire une nouvelle infrastructure ont été déposées successivement, mais sans jamais aboutir à une phase de concrétisation. La dernière remonte à 2018.
Pour certains riverains, ce statu quo leur va très bien. “Beaucoup de gens sont ravis ici d’avoir un lieu où il y a possibilité de s’installer tout calmement. C’est un lieu public accessible à tous qui mérite d’être défendu“, assure Remco Ruiter, du collectif “Sur le pont”. D’autres en revanche réclament qu’il soit ouvert à tous les usagers. C’est le cas de l’échevine anderlechtoise de la Mobilité Halina Benmrah (MR) : “Ce pont relie les deux rives du canal. Des milliers d’habitants sont venus s’installer ici et d’autres vont encore venir s’installer.”
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“Pas de bénéfice structurel” à une réouverture
Mardi, la ministre de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen), a indiqué que l’étude d’incidences environnementale des conséquences d’une réouverture du Pont à tous les modes de transport (actuellement, seuls les usagers faibles peuvent emprunter le Pont) ne révèle “pas de bénéfice structurel à attendre“. Elle a en outre fait état d’un impact “très mitigé sur le trafic automobile potentiel” (légère diminution des flux de voitures sur les ponts proches). À contrario, il faut s’attendre à une congestion du carrefour Mons Marchant nécessitant des mesures d’accompagnement ailleurs. En revanche, la situation des modes actifs (piétons, cyclistes, …) serait “clairement dégradée“.
“Compte tenu de la dégradation avancée de l’ouvrage, une réouverture simple à court terme n’est absolument pas envisageable… Dans le projet actuellement sur la table, la configuration des aménagements et la structure portante du pont permettent que la voie dédiée à la piste cyclable puisse également être empruntée par des véhicules d’urgence, voire par d’autres véhicules motorisés dans des circonstances exceptionnelles“, a ajouté la ministre.
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Une demande de classement introduite en mai dernier a récemment été rejetée par le gouvernement. L’instruction peut dès lors reprendre; le dossier se trouve actuellement dans la phase finale de la procédure de demande de permis d’urbanisme, a encore dit Mme Van Den Brandt ne laissant pas entrevoir de perspective de concrétisation à court ou à moyen terme, au grand dam des députés qui l’interpellaient.
■ Reportage de Jean-Christophe Pesesse, Morgane Van Hoobrouck et Stephanie Mira