“Il faut prendre la mesure du danger” : Jean Spinette interpelle le fédéral après deux fusillades à Saint-Gilles
Deux fusillades ont eu lieu à Saint-Gilles en moins de 10 heures, ce week-end à Saint-Gilles. Le bourgmestre Jean Spinette réclame désormais les mêmes moyens que ceux accordés à Anvers, dont 80 policiers supplémentaires pour la police judiciaire, afin de mener des enquêtes approfondies et de “remonter les filières“.
Un coup de feu a été tiré dimanche matin vers 07h00 chaussée de Forest, à hauteur de la porte de Hal, a confirmé le bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS). La balle a terminé sa course dans la fenêtre d’une habitation située au numéro 4 de la rue Fontainas, a constaté sur place l’agence Belga.
L’occupante se trouvait encore dans son lit au moment des faits. Elle a confié à Belga avoir eu très peur. Sa chambre est actuellement condamnée dans l’attente des constatations du laboratoire de la police.
Le bourgmestre saint-gillois s’est dit “furieux“. Il s’agit du deuxième incident impliquant un tir en moins de 24 heures dans le secteur. Samedi vers 21h15, un homme a été blessé à la jambe par balle au croisement des rues Gustave Defnet et du Monténégro, place des Deux Bancs, toujours sur Saint-Gilles.
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Face à cette situation, le bourgmestre appelle, sur BX1, à “prendre la mesure du danger” et à ce que le ministre de l’Intérieur et de la Justice “déploient les moyens nécessaires pour soutenir une politique judiciaire intransigeante et donner aux enquêteurs les moyens suffisants pour démanteler ces réseaux“. Le bourgmestre estime que “taper sur les conséquences ne résoudra rien, il faut remonter les causes“
Le bourgmestre, qui a eu le procureur du Roi Julien Moinil au téléphone dimanche matin, réclame également davantage de moyens pour le parquet, des places en IPPJ et des capacités pour éloigner les personnes en séjour irrégulier impliquées dans la criminalité. Il estime que la fusion des zones de police ne constitue pas à elle seule la solution.
“Dans toutes les autres capitales du monde et les grandes villes, l’État prend la mesure du phénomène en cours. Il y a des moyens exceptionnels qui ont été mis sur la lutte contre le terrorisme. Je pense que sur le narcotrafic, il y a exactement le même genre de besoin de réveil, soit avec des législations spécifiques, avec de la confiscation et du réemploi social, avec des renforts de la police judiciaire et pas juste des policiers de quartier. Il faut véritablement des enquêteurs, des moyens comptables, des moyens financiers en intelligence artificielle pour remonter les filières et avoir un véritable travail d’enquête“, conclut Jean Spinette.
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■ Interview réalisée par Anaïs Corbin