Santé mentale : un jeune sur deux exprime un sentiment de solitude
Selon la dernière enquête santé 2024 de Sciensano, 13% des Belges disent souffrir de symptômes de troubles anxieux contre 11% en 2018. Chez les 15-25 ans, la proportion est plus forte puisqu’un quart dit souffrir d’anxiété ou de dépression. La solitude fait partie des principales causes, alors Vivalis lance une nouvelle campagne à destination des 15-25 ans, pour les encourager à ne pas rester isolés.
La santé mentale des Belges s’est dégradée ces dernières années. Le confinement, la multiplication des crises, la numérisation de la société font partie des éléments qui peuvent expliquer cette dégradation. Chez les jeunes, le mal-être se fait ressentir via des troubles alimentaires notamment et les pensées suicidaires sont plus présentes chez les adolescents et jeunes adultes. 1 décès sur 4 est dû à un suicide. Chez les 15-24 ans, plus d’une personne sur deux éprouve une solitude modérée à grave. Et ce lien social est particulièrement important lors de l’adolescence pour la construction de la personnalité. “Un jeune sur deux exprime un sentiment de solitude, explique Samira Kholti, psychologue chez Vivalis. Les liens peuvent constituer un bouclier pour la santé mentale. Le lien dans le réel peut apporter une meilleure estime de soi-même et cette campagne permet aussi de dire qu’il n’y a pas de honte à aller voir un professionnel de la santé mentale. Il est important d’en parler.”
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La qualité des rencontres et des relations est primordiale. “L’hyperconnexion nous déconnecte et parfois on peut avoir peur d’être jugé, ajoute Caroline Depuydt, psychiatre et directrice médicale du groupe Epsylon. On rentre parfois dans un cercle vicieux. Il faut aujourd’hui privilégier la qualité plutôt que la quantité.”
L’accès au service de santé mentale est complexe dans notre pays pour les jeunes comme pour toute la population. À Bruxelles, environ 20% de la population a déjà eu recours à un professionnel de la santé mentale. Chez les 15-24 ans, un sur trois a déjà consulté. À Bruxelles, nous sommes à 17% des jeunes qui ont eu un rendez-vous au cours des 12 derniers mois. Et sans surprise, les personnes dans une situation financière plus précaire consultent moins. De manière générale, il manque de praticiens conventionnés et la région bruxelloise a réalisé un cadastre consultable sur le site bru-stars.be.
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Les demandes dépassent toujours l’offre de psychiatres ou de pédopsychiatres. “C’est une grande source de souffrance pour nous également car on ne sait plus quoi répondre. Les efforts du fédéral ont aidé, mais nous venons de tellement loin que le retard n’est pas encore rattrapé, conclut Caroline Depuydt. Les équipes mobiles qui vont à la rencontre des jeunes sont très importantes.”
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■ Une interview de Caroline Depuydt et Samira Kholti au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles