Grève des cheminots : un millier de militants sur la place de l’Albertine ont “allumé les feux rouges”
Alors que les trains roulent au ralenti depuis dimanche soir 22h00 en raison d’une grève de cinq jours, la FGTB a mené lundi une action de solidarité à Bruxelles.
Réunis dès 10h00 place de l’Albertine, un millier de militants ont symboliquement “allumé les feux rouges” pour soutenir les cheminots et dénoncer les mesures d’économie prévues par le gouvernement fédéral.
Dans une ambiance enfumée par les feux de Bengale et au rythme des tambours, le syndicat socialiste a déploré les 675 millions d’euros d’économies prévues pour le secteur du rail et la réforme des chemins de fer portée par le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke.
Sous un ciel gris, les manifestants ont déployé une banderole “L’Arizona déraille” avant de former vers 11h00 une chaîne humaine reliée par un fil rouge, symbolisant la solidarité envers les cheminots. Pour la FGTB, l’enjeu dépasse le rail: c’est l’ensemble des services publics qui sont menacés. “Quand on coupe dans le rail, l’enseignement ou les soins, c’est toute la société qu’on appauvrit“, a martelé Selena Carbonero Fernandez, secrétaire générale de la FGTB.
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Cette dernière a particulièrement pointé la stratégie de division du gouvernement Arizona, accusé de cibler tour à tour “les sans-emploi, les fonctionnaires, les malades, les immigrés, les antifa“. “Dans quelques jours, 25.000 personnes seront exclues du chômage“, a-t-elle rappelé, soulignant que parmi celles-ci plus de la moitié sont des jeunes de moins de 30 ans. Avant de conclure par un appel à la mobilisation générale pour les semaines à venir: “Face à ce gouvernement qui divise, toutes nos luttes tiennent ensemble! Resserrons les rangs“.
Les cheminots s’opposent à la réforme des retraites qui va impacter le statut et les pensions des cheminots, ainsi qu’à la réforme des chemins de fer. Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots, a pointé un démantèlement structurel. “On veut transférer les activités de HR Rail vers les entités (SNCB et Infrabel), ce qui affaiblira l’unicité du statut et du dialogue social.”
Le président a également dénoncé la contractualisation de l’emploi dès le 1er juin 2026. Tout ceci alors que le gouvernement va imposer aux entreprises et services fédéraux de s’acquitter d’une cotisation patronale de pension avoisinant les 38% pour leurs agents statutaires. “Cela va plomber l’emploi statutaire“, s’est indigné le syndicaliste. Le président a par ailleurs déploré la remise en cause de la règle de la majorité des deux tiers au sein au sein de la Commission paritaire nationale, ce qui, selon lui, ouvrirait la voie à des modifications “unilatérales” des conditions de travail et du statut du personnel.
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Si le ministre Crucke a récemment affirmé que le temps de la concertation était révolu, la CGSP laisse la porte entrouverte. “Nous avons abouti deux fois à des pré-accords qui n’ont pas été approuvés. La marge de négociation est étroite, mais nous demandons de revenir autour de la table“, a indiqué M. Lejeune, déplorant l’absence de contact avec le cabinet du ministre depuis le début de l’année.
Outre la grève du rail en cours, des grèves provinciales sont prévues les 5, 10 et 12 février et une manifestation nationale le 12 mars.
Belga – Photo et vidéo : Belga Image