Georges-Louis Bouchez : “Il est impossible d’avoir un exécutif qui représente tous les musulmans”

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez revient sur la fin de la reconnaissance de l’Exécutif musulman. Il était l’invité de “+d’Actu” sur BX1.

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open Vld) a entamé la procédure de retrait de reconnaissance officielle de l’Exécutif musulman. La raison : le fonctionnement interne de l’organe. De nombreux reproches sont faits à l’Exécutif, par exemple, le manque de transparence ou bien sa perméabilité au niveau des pouvoirs étrangers. Pour le président du MR, cet exécutif n’est pas représentatif des musulmans. Il va même plus loin : “je pense qu’il est matériellement très difficile, pour ne pas dire impossible, d’avoir un exécutif qui peut représenter les musulmans“.

À voir également : La procédure de retrait de la reconnaissance de l’Exécutif musulman est enclenchée

Selon Georges-Louis Bouchez, en Belgique, il n’est pas possible qu’un corps électoral s’identifie à une religion. “Il y a deux manières de représenter des gens, en tout cas au niveau d’une religion, c’est soit il y a un clergé et ce n’est pas le cas dans la religion musulmane, soit vous avez la possibilité d’avoir des élections ouvertes. Mais comme en Belgique, et heureusement que c’est le cas, il n’y a pas de sous-nationalité et donc, il n’y a pas la possibilité d’inviter un corps électoral qui s’identifierait au nom d’une religion, ou d’une origine géographique“.

La vision de la neutralité pour le MR, c’est de dissocier la religion de la politique. “Les religions ou la laïcité ne doivent pas intervenir dans les choix politiques qui sont posés, c’est notre vision de la neutralité“.

Le financement des cultes

Le président du MR reconnaît que pour parler des financements des cultes, il faut des interlocuteurs. “Oui, il faut tenter de trouver une solution, pour pouvoir avoir une représentation“. Cependant, il ne peut pas croire, qu’un organe unique puisse représenter l’ensemble des musulmans de Belgique. “Je pense qu’il faut être plus juste et moins ambitieux. Il faut que l’on ait, au moins, des interlocuteurs qui permettent avec nous de dialoguer pour que l’islam trouve aussi sa place“.

Ainsi, la solution à trouver, si l’Exécutif des musulmans disparaît, c’est de trouver un interlocuteur qui puisse relayer les informations sur le terrain. Et ainsi, faire le lien entre la communauté musulmane et la politique.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Georges-Louis Bouchez, avec un point sur l’énergie et la mobilité. 

■ Camille Paillaud / Interview réalisée par Fabrice Grosfilley

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18 février 2022 - 19h00
Modifié le 18 février 2022 - 19h00