Foyer anderlechtois: la responsable de la cellule de contrôle interne se dit écoutée par les collaborateurs
L’actuelle responsable du service de contrôle interne du Foyer anderlechtois, Marie Meunier, s’est dite agréablement surprise de la volonté affichée par les collaborateurs de cette Société Immobilière de Service Public (SISP) d’entrer dans les nouvelles procédures qu’elle est chargée de faire appliquer à la suite d’un audit critique.
Mme Meunier a été longuement entendue par les membres de la commission d’enquête sur des soupçons d’irrégularités dans l’attribution de certains logements au Foyer anderlechtois.
Après un premier audit critique réalisé en 2020 au même titre que d’autres exercices similaires dans les autres SISP bruxelloises, les conclusions d’un nouvel audit de la situation en 2024 ont notamment pointé plusieurs défauts de gouvernance: une distinction insuffisante des rôles stratégiques et des rôles opérationnels; une absence de démarche structurée et documentée d’identification dans l’évaluation et le suivi des risques; ou encore des contrôles peu formalisés et insuffisamment automatisés et un pilotage de contrôle interne peu développé.
Dans le viseur aussi, le flou entourant les procédures d’achats et de facturation. C’est dans ce contexte que Marie Meunier a été engagée il y a un peu plus d’un an. La cellule de contrôle interne a été mis en place depuis juillet 2023, après la réalisation d’un premier audit critique du Foyer.
Semblant peu à l’aise, Mme Meunier a souligné que son rôle s’inscrivait dans une logique d’amélioration du process et non de contrôle. “Nous ne sommes pas là pour faire la police, mais pour piloter le changement“, a-t-elle indiqué, soulignant qu’il y avait une volonté de la direction de modifier les processus internes qu’elle ne pouvait modifier seule.
Des réponses vagues
Interrogée par plusieurs commissaires à propos de ce qu’elle pensait du contenu du reportage de l’émission Pano, de la VRT, sur le Foyer, elle s’est refusée à cet exercice.
“Je n’ai pas d’avis à donner sur la question du reportage“, a-t-elle dit.
Marie Meunier a aussi refusé de donner une “réponse par oui ou par non” que lui demandait le député N-VA Gilles Verstraeten à la question de savoir si la direction du Foyer lui avait demandé de ne pas s’exprimer à ce sujet.
Durant la première partie de la nouvelle longue séance d’auditions, les commissaires ont entendu quatre assistants sociaux du Service d’Accompagnement Social aux Locataires sociaux (SASL). En Région bruxelloise, cette ASBL aide les candidats et locataires sociaux à maintenir leur logement, comprendre leurs droits, et gérer les difficultés sociales. Elle a été mise sur pied par la Région en raison de la demande croissante des besoins sociaux. Ceux de ses assistants sociaux qui sont en contact avec les occupants du Foyer anderlechtois n’ont pas de lien hiérarchique avec la direction de cette SISP, ont rappelé les témoins.
Une de ceux-ci, Karine Tiberghien, n’a pas caché qu’elle était la personne citée dans le reportage de la VRT au titre de l’assistante sociale dont le président du Foyer souhaitait attendre le départ en vacances pour disposer d’un rapport d’un assistant social moins regardant sur une demande de logement donnée.
Elle a confirmé que certains (candidats)-locataires se rendaient chez le président dans l’espoir de voir leur demande de dérogation au classement par points mieux traitée. “Mais je traite toujours les dossiers de la même manière”, a-t-elle souligné.
Confirmant observer un climat parfois “tendu” au sein du Foyer anderlechtois, les quatre assistants sociaux ont indiqué ne pas avoir fait l’objet de pressions par le Foyer avant leur audition du jour. Ils ont toutefois évoqué une offre de “coaching” pour les y “préparer“, émanant du Foyer, mais celle-ci a été refusée par leur propre hiérarchie, la seule à laquelle ils ont assuré rendre des comptes.
> Notre dossier sur le Foyer anderlechtois
Belga