Forte chaleur dans les écoles : “La circulaire démontre la déconnexion de Valérie Glatigny”
Amandine Pavet, députée et cheffe de groupe PTB au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, était l’invitée de Bonjour Bruxelles ce lundi matin.
La colère continue de gronder dans le monde de l’enseignement. Deux syndicats sont récemment montés au créneau pour dénoncer une circulaire de la ministre Valérie Glatigny, publiée il y a un mois, qui encadre “l’organisation scolaire en cas de circonstances exceptionnelles”. Selon les organisations syndicales, ce texte vise à maintenir coûte que coûte les élèves et les enseignants en classe, même lors d’épisodes de chaleur extrême.
“Une fois de plus, cette circulaire montre la déconnexion de la ministre”, estime Amandine Pavet. “Elle explique notamment qu’il faut trouver un local frais en cas de fortes chaleurs. Comme si les enseignants avaient ce type de solution à portée de main. Nous avons un problème lorsqu’il fait très chaud, mais aussi lorsqu’il fait très froid, en raison de l’état de nombreux bâtiments scolaires.”
La circulaire rappelle pourtant que les règles relatives au bien-être au travail doivent être respectées. Un argument qui ne convainc pas la députée PTB. “Oui, mais elle pousse surtout à maintenir les cours quoi qu’il arrive, même lorsque les températures deviennent insoutenables. Les jeunes ne peuvent pas étudier dans de telles conditions. Au Parlement, en tout cas, il fait bien plus frais que dans la plupart des écoles.”
Les syndicats demandent également que les établissements soient équipés de thermomètres mesurant l’indice WBGT (Wet Bulb Globe Temperature), qui permet d’évaluer plus précisément les risques liés à la chaleur. “C’est toujours le même problème : il n’y a jamais les moyens nécessaires”, poursuit-elle. “Pourtant, à un moment donné, il faut investir pour garantir le bien-être des élèves et du personnel. Il manque près de 10 milliards d’euros pour rénover les bâtiments scolaires, alors que l’on continue à gaspiller de l’argent dans des factures énergétiques exorbitantes.”
La députée est également revenue sur le décret-programme porté par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. “Nous avons déposé deux contre-décrets” rappelle-t-elle. Son objectif principal reste de faire tomber la mesure prévoyant une hausse du minerval pouvant atteindre 1.200 euros pour certains étudiants.
Même si les chances de voir ces textes aboutir sont faibles, Amandine Pavet entend poursuivre le combat.”Nous maintenons la pression. Je pense que les ministres peuvent encore revenir sur leurs décisions. En 1994, après d’importantes mobilisations, le ministre de l’époque avait dû revoir certaines mesures. Pourquoi cela ne pourrait-il pas se reproduire aujourd’hui ?”
Pour la députée PTB, l’histoire montre qu’aucune décision politique n’est irréversible. “L’histoire démontre que tout est possible.”
- Une interview de Amandine Pavet par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles