En juin, la chaleur a causé davantage de décès qu’attendu par les modèles prévisionnels
La Belgique a enregistré 2.112 décès supplémentaires durant la période de chaleur du 18 juin au 12 juillet 2026, soit une surmortalité de 31,1%, ressort-il d’une nouvelle analyse de Sciensano présentée mercredi au cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit).
Avec 8.907 décès observés contre 6.795 attendus, il s’agit de l’épisode de chaleur le plus meurtrier recensé dans le pays depuis le début des analyses comparables. “C’est plus que ce à quoi on se serait attendu sur la base des modèles prévisionnels scientifiques”, a reconnu le ministre.
+38,8% de surmortalité à Bruxelles
La Wallonie a été particulièrement touchée, avec 1.095 décès supplémentaires et une surmortalité de 47,9%. La Flandre en a comptabilisé 822 (+20,5%) et Bruxelles 195 (+38,8%). La surmortalité n’a pas concerné uniquement les personnes les plus âgées. Si les 65 ans et plus concentrent 1.745 décès supplémentaires, soit 82,6% de l’excès observé, Sciensano constate une hausse de la mortalité dans toutes les classes d’âge adultes. L’épisode de juin a notamment davantage touché les hommes âgés et ceux en âge de travailler que lors de précédentes vagues de chaleur.
Les écarts sont également importants d’une région à l’autre. L’arrondissement de Liège se distingue avec 322 décès supplémentaires et une surmortalité de 80,8%. La Louvière (+60,5%) et Virton (+56,9%) ont aussi été fortement touchées, tandis que Bruges (+5,3%) et Ypres (+7%) ont enregistré des niveaux nettement plus faibles.
Nuits tropicales
Selon Sciensano, les températures élevées, l’ozone et surtout l’accumulation de nuits tropicales expliquent une partie de cette surmortalité. D’autres éléments pourraient toutefois avoir joué un rôle, comme l’état de santé ou la situation socio-économique des personnes concernées. A ce stade, il ne s’agit toutefois encore que d'”hypothèses”.
Frank Vandenbroucke a également annoncé la préparation d’un nouveau plan chaleur. Le Plan fortes chaleurs et pics d’ozone actuellement en vigueur, principalement axé sur les phases d’alerte et la communication, ne constitue selon lui pas encore un véritable plan de préparation et de réponse.
Un plan interfédéral intégré, baptisé “Heat-Health Preparedness & Response Plan”, doit être élaboré d’ici l’été 2027.
Belga – Photo : Belga