La mère et la sœur de Salah Abdeslam placés en garde à vue sur décision d’un juge antiterroriste
La mère et la soeur de Salah Abdeslam ont été interpellées samedi alors qu’elles s’apprêtaient à rendre visite à leur proche au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (nord de la France). Les deux dames ont été relâchées lundi matin, ont précisé dans un communiqué les avocats de Salah Abdeslam.
Salah Abdeslam purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Seul membre encore en vie des commandos meurtriers, il est placé à l’isolement depuis près de dix ans.
►Lire aussi | Il y a 10 ans, Salah Abdeslam était arrêté à Molenbeek
Il avait aussi été reconnu coupable d’assassinats et de tentatives d’assassinat dans un contexte terroriste, ainsi que de participation aux activités d’un groupe terroriste, pour son implication dans les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016. Il avait toutefois été renvoyé à la peine de 20 ans de prison infligée pour la fusillade survenue rue du Dries, à Forest, quelques jours avant son arrestation, qui avait précipité les attaques à l’aéroport de Zaventem et dans la station de métro Maelbeek.
En novembre dernier, il avait été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur la détention d’une clé USB chargée, selon le parquet national antiterroriste (Pnat), de documents ayant “trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda“.
Le Pnat avait requis sa “mise en examen ultérieure“. Cette clé USB lui avait été remise lors d’une visite au parloir par son ex-compagne, Maëva B., qui a, elle, été doublement mise en examen et incarcérée. Elle est aussi soupçonnée d’être impliquée dans un projet d’attentat déjoué, sans lien avec Abdeslam.
Après ces faits, le directeur du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil avait instauré un dispositif de séparation avec hygiaphone, estimant notamment qu’il n’était pas exclu que la clé ait été introduite par le biais de visiteurs.
►Lire aussi | Salah Abdeslam souhaite “ouvrir une porte” aux victimes dans une démarche de justice restaurative
Début avril, le tribunal administratif de Lille avait ordonné d’assouplir à nouveau ses conditions de parloir. Mais le ministère de la justice a maintenu le dispositif, “au mépris de la décision précitée“, commentent les avocats d’Abdeslam, Olivia Ronen, Benoit David et Martin Vettes, du barreau de Paris, et Delphine Paci et Harold Sax du barreau de Bruxelles. Une nouvelle demande d’assouplissement a été introduite et une décision est attendue en début de semaine, ont-ils ajouté.
Entre-temps, samedi matin, la mère et la sœur de Salah Abdeslam étaient appréhendées sur le parking du centre pénitentiaire de Vendin-Le-Vieil et arrêtées judiciairement pour introduction d’un objet illicite en détention.
Elles sont finalement ressorties lundi matin et n’ont pas été présentées au magistrat instructeur en vue d’être mises en examen. “En d’autres termes, aucun indice ou grave ou concordant laissant penser qu’elles ont commis les faits objets de l’information judiciaire en cours n’est à ce stade retenu à leur encontre“, précisent les avocats.
Ceux-ci dénoncent les arrestations qui “n’avaient en réalité d’autre objectif que de permettre à l’administration pénitentiaire de justifier le maintien du dispositif de séparation contesté en justice“. “Nous déplorons cette instrumentalisation d’une procédure pénale et de mesures privatives de liberté à des fins purement administratives.”
Belga