Des militaires pour sécuriser des lieux juifs: Bart De Wever “peut comprendre” l’irritation d’Annelies Verlinden mais juge la décision “logique”
Le déploiement de militaires pour assurer la surveillance de lieux juifs relève d’une “décision logique”, a estimé mardi le Premier ministre, Bart De Wever.
Le chef du gouvernement fédéral comprend toutefois l’irritation de la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, sur la façon dont les choses se sont produites. “Je peux comprendre que si cela se passe très rapidement et qu’on l’apprend dans les journaux, ce n’est pas agréable. Je peux faire une place à cette irritation, mais nous allons masser pour la faire disparaître“, a-t-il expliqué en arrivant à la Chambre.
La décision annoncée lundi soir dans un communiqué par les ministres de l’Intérieur et de la Défense, Bernard Quintin (MR) et Theo Francken (N-VA), s’appuie sur un article de la loi sur la police intégrée qui permet au commissaire général de la police fédérale de requérir l’armée en appui de certaines missions. Une vingtaine de synagogues et des écoles juives à Bruxelles et à Anvers seraient surveillées par des militaires.
La décision a été prise sans concertation avec Mme Verlinden (CD&V). Or, depuis des mois, le déploiement de militaires en rue est bloqué par le CD&V parce que le MR refuse certaines mesures de la ministre de la Justice pour lutter contre la surpopulation carcérale.
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“Si le commissaire général lance un appel, l’Intérieur va contacter la Défense et vous comprendrez que, s’il s’agit de protéger la population contre le terrorisme, le ministre de la Défense ne va pas dire non. Ça me paraît logique“, a souligné le Premier ministre.
De toute façon, le gouvernement avait bien l’intention de recourir à l’armée, comme le prévoit l’accord de gouvernement, a-t-il précisé.
Interrogée dans les médias flamands, la ministre de la Justice n’a pas caché sa déception devant la tournure des événements. “Chacun doit se regarder dans le miroir et se demander si c’est ainsi que nous prenons les décisions au sein du gouvernement“, a-t-elle souligné.
Mais à l’intérieur de l’exécutif, Mme Verlinden semblait isolée. Le CD&V ne s’est guère fait entendre. Depuis le mois de novembre, le dossier des militaires en rue est bloqué, faisait remarquer une source gouvernementale. Or, la situation internationale et l’attentat contre la synagogue de Liège montrent à quel point la situation a changé en termes de sécurité. “On ne peut pas faire un blocage politique sur le dos de la sécurité des citoyens“, faisait-on valoir.
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Belga – Photo : Belga Image