Le culte de la performance pousse à la consommation de stimulants, analyse Infor-drogues

La cocaïne est de plus en plus évoquée, tant lors de nos permanences téléphoniques qu’en consultation“, confirme Antoine Boucher, chargé de communication de l’ASBL Infor-drogues. D’après le dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie, le marché de la cocaïne est en pleine résurgence en Europe, avec Anvers comme principale plaque tournante. Pour l’association basée à Bruxelles, tous les stimulants gagnent en popularité en raison de notre “société de la performance”.

La cocaïne est un stimulant puissant, qui aide à se concentrer. Le contexte de notre société qui est de plus en plus une société de la performance pousse à ce type de consommation“, analyse Antoine Boucher. “La cocaïne touche des gens dans leur milieu professionnel, pour tenir le coup, travailler plus longtemps. En ce compris dans des métiers intellectuels“, relève-t-il. Si le profil de ces individus est très varié, le secteur horeca est particulièrement à risque en raison des cadences imposées, notamment en soirée et la nuit. “Elle circule parfois sans qu’il faille la payer. C’est une manière de faire tenir le personnel.” La poudre blanche est également consommée pendant les loisirs, là aussi dans l’idée d’être performant. “On doit danser toute la nuit par exemple“, illustre Antoine Boucher, qui voit une pression sociétale à être au maximum de ses capacités dans toutes les activités que l’on entreprend.

Le succès des amphétamines mais aussi des boissons énergisantes participe à la même dynamique, avec des adeptes différents en fonction de l’image et du prix de chaque produit stimulant. En raison de son coût élevé, la cocaïne concerne surtout les classes moyennes et supérieures. “Il faut des moyens pour que le rapport coût-bénéfice soit jugé positif”, mais le salaire n’est pas le seul critère, d’après Infor-Drogues, qui offre des conseils à toute personne confrontée aux drogues. “On nous appelle généralement quand la ‘lune de miel’ est passée, quand les désavantages de la drogue se font jour: on n’arrive pas à arrêter, ça pompe de l’argent, l’entourage n’en peut plus,…“, observe Antoine Boucher. “Les effets sur la santé ne sont pas directement visibles. C’est le cas pour toutes les drogues dont le tabac et l’alcool“, met-il en garde.
Belga – Photo : illustration Belga

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07 juin 2018 - 15h23
Modifié le 07 juin 2018 - 16h26