Cocof : l’opposition sceptique face aux engagements de la majorité
Au lendemain de la confiance accordée par le Parlement régional bruxellois au nouveau gouvernement Dilliès, les députés francophones bruxellois se sont penchés sur les engagements pris par la majorité MR-PS-Engagés pour la Commission communautaire française (CoCof).
Sans remettre fondamentalement en cause les engagements énoncés lundi par le ministre-président Ahmed Laaouej (PS), l’opposition PTB, Ecolo, DéFI et lib·res a émis des doutes sur la réalisation des bonnes intentions, faute de chiffres budgétaires et d’échéancier.
Tout reste “théorique“. Cela masque une vision “trop gestionnaire“. “Nous sommes tous pour la cohésion sociale, pour l’inclusion, ou pour la simplification administrative. Derrière ces mots, je crains de reconnaître les traits de l’austérité que le gouvernement va appliquer au niveau régional“, a dit d’emblée Patricia Parga Vega (PTB).
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Pour celle-ci, les synergies ne peuvent pas signifier une surcharge de travail. Les économies d’échelle ne doivent pas éloigner les services des usagers. La mutualisation doit s’accompagner de moyens et de visibilité pour les équipes. “L’action sociale dans le non-marchand ne peut se résumer à des tableaux de bord. Il faut tenir compte du fait que les travailleurs du secteur sont aujourd’hui épuisés. Comment comptez-vous agir pour inverser cette réalité“, a-t-elle insisté.
“La réponse du gouvernement face au chômage de masse, c’est souvent former davantage. Mais former dans des métiers en pénurie ne résout pas tout… Si des métiers sont en pénurie c’est parce que sur le terrain ce sont des emplois très durs et peu valorisés par exemple dans le secteur infirmier où ils font fuir à cause des conditions dans lesquelles ils sont exercés.”
Ecolo dénonce un manque de clarté
Pour Farida Tahar (Ecolo), après 600 jours de paralysie, les Bruxellois-ses attendent des choix clairs, une exigence selon lui non rencontrée par le projet d’accord de la CoCof. Celui-ci accumule les ambitions sans en garantir la faisabilité, et des priorités sans en démontrer le financement.
“La CoCof, entité fédérée à part entière compétente pour les matières personnalisables, aura été la dernière préoccupation des négociateurs. Au moment de désigner le nouveau gouvernement régional, aucun accord n’existait encore pour elle“, a-t-elle déploré.
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Au passage, la cheffe du groupe écologiste a regretté que la déclaration de la majorité ne mentionne ni la lutte contre l’islamophobie ni celle contre l’afrophobie pour combattre le racisme, sous toutes ses formes sans distinction. Idem en ce qui concerne l’attribution des compétences Emploi et Formation professionnelle à deux ministres différents.
Trois ans pour agir
Cécile Jodogne (DéFI) a concédé que les trois ans de législature qui restent étaient très courts. “Peut-être faudra-t-il être modeste mais volontaire et travailler sur ce qui doit et peut être amélioré, sans modifier pour autant les décrets ou se lancer dans de grands chantiers“, a-t-elle fait observer, disant acquiescer à la majorité des enjeux et défis mis en avant.
Pour l’élue amarante, le plus grand défi qui se présente est celui du financement des politiques de la CoCof, mais aucune trajectoire budgétaire n’est présentée.
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Fabien Maingain (lib·res) a jugé que la difficulté avec les intentions affichées s’expliquait par l’absence de choix dans la déclaration de politique gouvernementale. “Et comme il n’y a pas de cadre budgétaire, on ne voit pas comment vous allez faire“, a-t-il dit.
Belga – Photo : Belga Image