Bernard Clerfayt veut que la Région “offre immédiatement une solution de prise en charge” aux personnes dépendantes
Face à la recrudescence des fusillades liées au trafic de drogue à Bruxelles, Bernard Clerfayt (DéFI) estime que les moyens restent insuffisants. Invité de Bonsoir Bruxelles, le député bruxellois pointe les responsabilités du fédéral mais aussi de la Région, notamment dans la prévention.
“Il faut absolument réagir“, insiste-t-il, saluant la “très ferme réaction du parquet” depuis l’arrivée du procureur Julien Moinil. Mais celui-ci ne peut, selon lui, “pas, en quelques mois, résorber tout ce qui n’a pas été fait par le passé“.
“Ça fait un an et demi qu’il demande des moyens. Il est essentiel maintenant qu’on les entende et qu’on lui donne les moyens qu’il réclame“, déclare le député.
Le port d’Anvers est, dit-il, “une porte d’entrée principale du commerce de drogue et de cocaïne en Belgique“. Le député réclame davantage de contrôles et estime que “si la volonté politique était là, on pourrait avoir un meilleur contrôle du trafic entrant à Anvers.”
À Bruxelles, les renforts annoncés ne suffisent pas à ses yeux : “Je ne vais pas dire non à 40 policiers de plus, mais il en manque 800“. Le député plaide aussi pour qu’une partie des avoirs criminels récupérés soit réinvestie dans la lutte contre le narcotrafic, afin de financer magistrats, policiers et enquêteurs.
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Sur le rôle de la Région bruxelloise dans la coordination de la sécurité, Bernard Clerfayt se montre également critique à l’égard du CORES. Selon lui, le ministre-président peut réunir ce comité, mais son impact concret reste limité : “C’est un peu de cinéma“. Il assure que la coordination concrète se fait ailleurs, et “pas lors de ces réunions et sous les caméras” : “Elle se fait tous les jours au quotidien. Les commissaires en chef se parlent, se coordonnent. Les bourgmestres, quand il le faut, se parlent, se coordonnent. Les policiers se prêtent main-forte tous les jours. Ça arrive tout le temps depuis très très longtemps déjà, et ça fonctionne“.
Enfin, il distingue les consommateurs récréatifs, pour lesquels il évoque “une bonne amende“, des personnes dépendantes : “Il faut que la Région leur offre immédiatement une solution de prise en charge et d’accompagnement“. Il critique dans ce cadre la baisse des moyens accordés aux associations actives dans la prévention et l’accueil des usagers. Selon lui, si l’essentiel de l’effort doit venir du fédéral, notamment pour renforcer la police, la justice et les équipes d’enquêteurs, “la Région elle-même doit faire sa part“. Son objectif : éviter que des personnes dépendantes restent en rue, sans traitement, et basculent dans la petite délinquance.
L’interview de ce lundi a aussi abordé les tensions autour de la SLRB et de Lotfi Mostefa et la question du clientélisme.
■ Interview de Fabrice Grosfilley dans Bonsoir Bruxelles