Aller au contenu principal
BX1

“Je ne vois pas l’intérêt” : Zakia Khattabi critique le futur commissaire régional aux drogues

La sécurité reste l’un des principaux sujets de tension à Bruxelles, alors que les fusillades liées au trafic de drogue se multiplient dans la capitale. Invitée dans Bonsoir Bruxelles, Zakia Khattabi, cheffe de groupe Écolo au Parlement bruxellois, a notamment critiqué la réponse politique apportée à cette crise et la désignation annoncée d’un commissaire régional aux drogues.

Pour Zakia Khattabi, la lutte contre le trafic doit combiner répression et prévention. La gestion immédiate des fusillades relève selon elle du fédéral, mais la Région dispose également de leviers en matière de prévention et d’analyse des risques.

L’écologiste estime toutefois que Bruxelles n’a pas suffisamment anticipé la situation. “Ce truc-là nous est tombé dessus, comme si… on ne l’avait pas vu venir“, déplore-t-elle.

► Lire aussi | Le commissaire bruxellois aux drogues sera désigné dans 40 jours

Elle se montre surtout sceptique face à la création d’un commissaire régional aux drogues, prévue dans l’accord de gouvernement bruxellois. “Franchement, le commissaire régional, moi, je ne vois pas l’utilité”, affirme-t-elle.

Selon elle, ses missions recoupent en partie celles de la commissaire nationale aux drogues. “On aurait pu, sur base des compétences de la Région et de la commissaire nationale, organiser quelque chose, une concertation plus précise que d’ajouter une couche de lasagne.

La prévention comme “filet de sécurité”

Zakia Khattabi défend par ailleurs le rôle du secteur associatif dans la lutte contre la criminalité liée au trafic de drogue.

Elle conteste l’idée selon laquelle les politiques de prévention auraient injecté des millions d’euros sans résultats. “Le secteur social-santé, en étant sur le terrain, peut aussi anticiper, tirer la sonnette d’alarme parce qu’il voit la rue bruxelloise se paupériser”, explique-t-elle.

Pour la députée, prévention et sécurité sont donc indissociables. “On ne résoudra pas l’un sans le premier”, estime-t-elle, évoquant l’accompagnement des personnes dépendantes et la prévention de leur recrutement par les réseaux criminels.

Mettre des moyens à disposition du parquet

Plutôt que de créer une nouvelle fonction, Zakia Khattabi propose de renforcer les moyens déjà disponibles. Elle cite notamment le manque de ressources évoqué par le procureur de Bruxelles.

Je me demande s’il n’y a pas une collaboration à avoir, même ponctuellement, dans le cadre de la gestion de cette crise, entre la Région et le procureur”, avance-t-elle. Une piste pourrait être de mettre du personnel régional à disposition du parquet pour contribuer à la gestion de la crise.

■ Interview de Fabrice Grosfilley dans Bonsoir Bruxelles