Avenue Broustin sous tension : la commune de Jette met en demeure la Région
À Bruxelles, l’avenue Broustin est devenue bien plus qu’une simple voie de circulation. Dernier épisode : la commune de Jette a annoncé mettre en demeure la Région bruxelloise pour rouvrir la voirie. Une démarche qui relance le débat sur l’organisation du quartier et la circulation des habitants.
La saga Broustin dure depuis plusieurs années, quand la Région de Bruxelles-Capitale a décidé d’expérimenter des aménagements temporaires pour réduire le trafic de transit dans ce quartier résidentiel.
L’avenue Broustin, située à cheval entre Jette et Ganshoren, est fermée à la circulation côté Basilique depuis 2021, puis côté avenue de Jette depuis 2022. Cette situation de double cul-de-sac a nourri de très vifs débats, notamment durant la campagne électorale. Un compromis a finalement été élaboré avec la Région : côté Basilique, la fermeture est maintenue avec la création d’une placette et l’installation d’une statue d’Annie Cordy et côté jettois, la fermeture est également conservée, mais un accès réservé aux riverains serait autorisé via des caméras ANPR, qui identifient les plaques d’immatriculation et autorisent uniquement les véhicules locaux.
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Ce qui devait apaiser la vie des riverains a parfois provoqué tensions et incompréhension, selon la bourgmestre de Jette. “Il y a eu un premier permis d’urbanisme qui visait à sécuriser les carrefours, comme on l’avait demandé, mais qui prévoyait aussi la fermeture aux deux extrémités du côté de Ganshoren et de Jette,” indique Claire Vandevindere (Les Engagés).
Selon elle, cette fermeture totale a heurté les habitants et les commerçants : “Pour les commerçants de quartier, le trafic réduit signifie moins de clients. Il s’agit certes d’un quartier apaisé, mais les habitants doivent faire des tours et des détours.”
Mise en demeure
Pour répondre aux critiques, la Région avait proposé un compromis : l’installation de caméras ANPR, qui lisent les plaques des voitures qui entrent ou sortent du quartier. Les riverains pouvaient ainsi sortir facilement, tandis que les automobilistes extérieurs étaient flashés. Une solution censée satisfaire tout le monde. Mais pour Claire Vandevindere, force est de constater que cette proposition n’a pas trouvé l’adhésion des habitants.
Face à ce rejet, le collège communal de Jette a décidé d’envoyer une mise en demeure à la Région, demandant la réouverture de l’avenue Broustin. Une première réponse officielle lui avait été parvenue dans une lettre de la ministre Elke Van den Brandt (Groen), datée du 28 janvier 2026. Elle rappelle que les aménagements temporaires ont deux objectifs : réduire le trafic de transit et améliorer la sécurité routière. La ministre souligne notamment le carrefour avec les avenues des Gloires Nationales et Jacques Sermon, identifié dès 2014 comme un point noir en matière d’accidents.
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La lettre précise aussi que le processus a été ralenti par l’intégration de nouvelles intersections à la demande de la commune. Ces ajouts ont allongé les délais, compliqué le chantier et accru l’impact sur le budget et le stationnement. La ministre insiste enfin sur la légalité de la phase test : “Les aménagements temporaires étaient entièrement réversibles et conçus pour évaluer le projet avant la demande d’un permis d’urbanisme définitif.” Elle assure que le permis devrait être délivré prochainement et permettre un aménagement “durable, combinant sécurité, lisibilité et respect du cadre légal“.
De leur côté, les commerçants disent subir directement les conséquences : moins de passage donc moins de clients. “On est en démocratie. Qu’on veuille sécuriser, aménager ou embellir un quartier, oui. Mais si les citoyens continuent de refuser le projet, il faut pouvoir se remettre en question et reconnaitre qu’il ne répond pas à leurs attentes”, insiste Claire Vandevindere.