Anderlecht : deux prévenus entendus pour les coups de feu du 22 mars 2025, faisant un blessé
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a entendu lundi les deux prévenus poursuivis pour les coups de feu tirés dans la nuit du 21 au 22 mars 2025 à Anderlecht. L’interrogatoire d’audience fût laborieux et a duré presque toute la matinée, repoussant le réquisitoire de l’avocate générale à mercredi matin.
Les deux prévenus, aux lourds antécédents judiciaires, contestent les faits qui leur sont reprochés. L’un d’eux, R.C., dit qu’il n’a pas tiré sur la victime la nuit du 21 au 22 mars 2025. Il a également déclaré au président de la 46e chambre qu’il n’était pas dans le véhicule suspect le soir des faits. Les seules fois où il était dans cette voiture datent des jours précédents.
L’autre prévenu, Bilal Haddouche, a fait état de “rumeurs” véhiculées dans le quartier à l’époque et qui disaient que R.C. était le tireur. Le 17 février 2017, Bilal Haddouche a été condamné à 17 ans de détention criminelle par la cour d’assises de Bruxelles pour le meurtre d’Artur Rifa commis par arme blanche dans la station de métro Rogier le 20 mai 2013. Le 7 juin 2017, la Cour de cassation avait rejeté dans son entièreté le pourvoi introduit par Bilal Haddouche, rendant sa condamnation définitive. Bilal Haddouche est actuellement détenu sous la modalité du bracelet électronique. Son avocate est Me Samira Bouyid.
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R.C. est, quant à lui, actuellement incarcéré en prison pour une affaire de stupéfiants, antérieure aux coups de feu tirés à Anderlecht. En 2024, il a été condamné à Paris pour du transport de stupéfiant commis en 2020. Après 7 à 8 mois de détention, il avait bénéficié d’un congé pénitentiaire. Il était sorti de prison le 6 mars 2025, soit deux semaines avant les faits pour lesquels il est désormais jugé à Bruxelles. Le mandat d’arrêt délivré contre lui suite à l’enquête sur les coups de feu d’Anderlecht prolonge sa peine initiale, pour le transport de stupéfiants.
Le 22 mars 2025, la victime (R.L.) avait été gravement blessée à l’abdomen. R.L. a été en incapacité pendant plusieurs mois, après son hospitalisation pour soigner la plaie balistique. Absent à l’audience lundi, mais partie civile au procès, la victime est un “jeune gamin“, d’après son avocate, Me Éléonore Van Rosen.
Alors que les deux prévenus voulaient que R.L. soit entendu par le tribunal ou auditionné à nouveau par le juge d’instruction, le tribunal a décidé lundi que ce n’était pas nécessaire. Les trois juges ont renvoyé les parties aux déclarations de la victime déjà jointes au dossier.
Cependant, pour la défense des prévenus, les déclarations contradictoires de la partie civile ne permettent pas une bonne compréhension de l’affaire. “Ce dossier est très complexe“, a souligné la procureure du roi lundi en fin d’audience. Elle a annoncé un réquisitoire de deux heures trente pour expliquer, d’une traite, sa vision des tirs qui ont blessé une victime le 22 mars 2025.
Belga