28,1% des exclus du chômage se sont tournés vers les CPAS à Bruxelles, selon une estimation provisoire
30,4% des personnes qui ont perdu leur allocation de chômage lors des trois premières vagues d’exclusion, en janvier, mars et avril 2026, se sont tournées vers les CPAS, ressort-il d’un rapport publié le 1er juin dernier par le SPP Intégration sociale et relaté mardi par la ministre de tutelle Anneleen Van Bossuyt (N-VA) en commission des Affaires sociales de la Chambre.
Ces estimations restent provisoires et des chiffres consolidés sont attendus “d’ici la fin de l’été“, a-t-elle averti lors d’un débat d’actualité. La quatrième vague d’exclusions aura lieu le 1er juillet. Pour les exclus en fin de droit aux allocations d’insertion, ils sont 34,1% à avoir sollicité le CPAS.
Il existe des différences régionales. Ainsi, 28,1% des personnes en fin de droit aux allocations de chômage ont sollicité le CPAS à Bruxelles, 22,5% en Flandre, 36% en Wallonie et 46,4% en Communauté germanophone.
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Début mai, les trois fédérations de CPAS du pays – la VVSG, la Fédération des CPAS de Wallonie et Brulocalis – ont demandé à la ministre des mesures de soutien temporaires face à l’afflux de dossiers provoqué par la limitation dans le temps des allocations de chômage. Leurs préoccupations ont été relayées à la Chambre par l’opposition, dont François De Smet (DéFI), mais aussi par les élues de la majorité Anne Pirson (Les Engagés), Fatima Lamarti (Vooruit) et Nahima Lanjri (CD&V).
Une rencontre sera organisée “après-demain” (jeudi), a indiqué la ministre. En attendant, Mme Van Bossuyt a rappelé que la compensation fédérale pour les CPAS était réalisée sur un budget “non plafonné“. Si les besoins sont plus élevés que prévu, “le financement sera ajusté“, a-t-elle promis. Pour 2026 et 2027, le montant actuellement budgétisé est de 300 millions d’euros, puis de 345 millions pour 2028 et 2029.
Dans l’opposition, Caroline Désir (PS) s’est montrée sceptique : “on a envie de vous croire. Mais quand on voit que le gouvernement doit encore faire des milliards d’efforts, on a de gros doutes sur ces promesses“, a-t-elle lancé.
Pour le PTB, Sofie Merckx, Robin Tonniau et Nabil Boukili ont cité les difficultés rencontrées par les CPAS de Charleroi, Jette et Molenbeek-Saint-Jean. Dans cette dernière commune, où les communistes participent à la majorité, “65% des exclus tapent à la porte du CPAS“; a affirmé M. Boukili. Cette situation a engendré “une augmentation des coûts de 2,4 millions sur la commune“, qui s’est vue “obligée de prendre des mesures drastiques“. Sarah Schlitz (Ecolo-Groen) a pour sa part cité le cas de Seraing, où, selon elle, 60% des exclus du chômage se seraient tournés vers le CPAS et même 94% lors de la 2e vague.
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Denis Ducarme (MR), tout comme Wouter Raskin (N-VA) ont contesté ces propos. Le libéral a critiqué “une véritable instrumentalisation des villes gérées par la gauche“. Les CPAS, “on ne les laisse pas seuls“, a affirmé M. Ducarme, voyant des “chiffres plutôt encourageants, à l’inverse de ce qui est dit pas la gauche.”
Belga