Neuf accidents de vélo sur dix ne sont pas déclarés à la police, selon une enquête
Selon une nouvelle enquête, près de neuf accidents de vélo sur dix ne sont pas déclarés à la police et n’existent pas dans les statistisques officielles. L’essentiel de ceux-ci ont eu lieu sur une rue sans piste cyclable.
Pour réaliser cette enquête, Stratec, bureau d’étude indépendant spécialisé dans l’environnement, la mobilité, l’économie des transports et l’aménagement du territoire, a interrogé 824 cyclistes bruxellois sur l’ensemble des accidents survenus lors de leurs trajets de 2023 à 2025, y compris les plus mineurs. Le résultat est sans appel : seulement un accident sur dix est enregistré dans les statistiques officielles.
► Lire aussi | Nombre record de cyclistes à Bruxelles : la sécurité en question
Les accidents les plus graves sont davantage enregistrés dans les statistiques officielles
Les accidents légers qui n’avaient entraîné aucune blessure ou seulement quelques blessures superficielles sont quasi inexistants dans les statistiques officielles. Sur les 436 rapportés dans l’enquête, seuls 20 avaient été enregistrés par la police, soit à peine 5 % des cas.
Le constat est un peu moins marqué pour les accidents dits moyens, à savoir ceux ayant provoqué des blessures légères qui ont nécessité une visite médicale. Parmi les 48 incidents de ce type mentionnés par les répondants, 17 seulement figuraient dans les données policières. Cela représente environ 35 %.
C’est pour les accidents les plus graves que l’écart se réduit. Sur les 21 accidents recensés, ayant entraîné une hospitalisation de moins de 24 heures, 14 avaient été enregistrés par la police.
Les rues sans piste cyclable concentrent le plus d’accidents
Sur les 505 accidents rapportés, 278 ont eu lieu sur une rue sans piste cyclable. C’est près de trois fois plus que sur les rues équipées d’une piste cyclable distincte, où 99 accidents ont été enregistrés. Les trottoirs, eux, sont les lieux où l’on enregistre le moins d’accidents, avec seulement 6 cas signalés. L’infrastructure ne suffit pas à expliquer les accidents, selon les répondants à l’enquête qui soulignent “des manœuvres dangereuses de véhicules motorisés, des revêtements problématiques ou glissants, des comportements imprévisibles d’autres usagers ou encore des erreurs du cycliste” ou un cumul de ces facteurs.
Par ailleurs, la moitié (48%) des accidents se produisent sans qu’un autre usager ne soit impliqué. Et quand c’est le cas, ce dernier n’est que peu impacté et il s’agit dans 62% d’un automobiliste, 13% un autre cycliste, et 7% un piéton.
Enfin, l’enquête a aussi fait état de 38 faits d’agression impliquant des conducteurs, parmi lesquels des crachats, des coups, des prises à la gorge ou encore des délits de fuite. Plusieurs participants ont toutefois aussi partagé des récits d’entraide : “Deux voitures se sont arrêtées pour m’aider à me relever et vérifier que j’allais bien“, témoigne l’un d’eux.
Sur le long terme, se déplacer à vélo en Région bruxelloise est toutefois de plus en plus sûr sur le long terme, précise Stratec: si les accidents graves ont augmenté de 83 % entre 2010 et 2022, la pratique du vélo a, elle, été multipliée par quatre sur la même période. L’année 2025 a toutefois connu un regain d’accidents mortels, dont trois cyclistes tués sur la route.
BX1 – Infographies: Stratec – Photos Belga

