GIAL : l’ex-échevin bruxellois Mohamed Ouriaghli inculpé

L’ex-échevin de la Ville de Bruxelles et actuel député bruxellois Mohamed Ouriaghli (PS) a été inculpé pour corruption passive et infractions en matière de marchés publics, a appris ce vendredi la RTBF.

Le dossier du GIAL semble aujourd’hui rebondir, selon les informations de la RTBF. Le GIAL, l’organisme en charge du parc informatique de la Ville de Bruxelles devenu i-City, est au cœur d’un dossier judiciaire révélé en 2016 : le directeur général de l’époque, Yves Vander Auwera, avait été licencié tout comme deux collaborateurs en raison de soupçons de malversations et de corruption. Le directeur général était notamment accusé d’avoir profité de voyages professionnels en France et aux États-Unis pour des vacances personnelles, révélait la DH à l’époque.

Le directeur général avait contesté son licenciement devant le tribunal du travail, estimant que le voyage aux États-Unis visé était justifié. Il affirmait également que Mohamed Ouriaghli avait également participé à ce voyage.

En février 2019, l’affaire du GIAL est de nouveau relancée suite à la révélation par Le Vif d’un consultant externe payé 1000 euros par jour depuis 18 ans par l’ASBL communale. Face au scandale provoqué, Mohamed Ouriaghli a été entendu par la police en qualité d’échevin en charge du parc informatique entre 2006 et 2019, pour faire la lumière sur ces divers dossiers.

Depuis lors, l’édile socialiste a quitté son poste d’échevin pour prêter serment au Parlement bruxellois. Mais suite à ces auditions devant la police, Mohamed Ouriaghli a été inculpé pour corruption passive et infractions en matière de marchés publics, indique l’avocat de l’élu bruxellois à la RTBF.

Les seules informations dont dispose mon client sont les questions qui lui ont été posées au début de cette année, à une reprise, par les enquêteurs lors d’une audition. M. Ouriaghli est effondré: une inculpation pour de tels motifs et des faits qu’il conteste totalement, c’est quelque chose qui est difficile à vivre. À ce stade, il est difficile de développer une défense étant donné que nous n’avons pas encore eu accès au dossier dont nous ignorons les éléments factuels”, explique ainsi l’avocat Me Antoine Leroy à la RTBF.

Ouriaghli : “Un séminaire professionnel”

Mohamed Ouriaghli a indiqué lui-même via l’agence Belga avoir a reçu un courrier envoyé par un juge d’instruction bruxellois l’informant qu’il l’inculpé de “corruption passive et d’infraction relative à l’industrie, au commerce et aux enchères publiques. Aucune autre précision n’est donnée au sujet des faits et de la période retenue“.

L’ex-échevin a souligné qu’il n’a été entendu qu’une fois, le 17 janvier dernier, dans le cadre d’un dossier ouvert en 2017. M. Ouriaghli a précisé qu’il avait lui-même été à l’origine de l’instruction judiciaire, à l’époque, en sa qualité de président de l’ASBL GIAL, “à la suite de soupçons dirigés contre un ancien membre du personnel qui est actuellement son principal accusateur”.

Toujours selon l’ex-échevin, il a accepté de participer à un séminaire professionnel aux Etats-Unis qui s’est tenu du 22 au 28 octobre 2016, en sa qualité de président de l’ASBL GIAL. Ce séminaire était organisé par plusieurs entreprises et a permis aux participants de rencontrer divers professionnels actifs dans le domaine du numérique, des villes connectées, de la sécurisation des données et des nouvelles applications développées dans ce contexte. Mohamed Ouriaghli a précisé avoir participé aux 26 réunions et séminaires organisés quotidiennement durant cette période, aux côtés notamment d’autres structures publiques comme la VRT, le Conseil européen et GO ! Onderwijs, réseau d’éducation public flamand.

“Aucune violation des règles en matière de marché public”

Proximus fait partie des entreprises qui ont organisé et financé ce déplacement. Proximus avait par ailleurs remis une offre dans le cadre d’un marché public initié en septembre 2015 par l’ASBL GIAL. Après diverses péripéties juridiques, une décision judiciaire a été rendue le 28 septembre 2016, laquelle jugeait cette offre irrecevable. Au moment où Mohamed Ouriaghli a accepté de participer à ce déplacement, “la société Proximus ne pouvait plus prétendre à l’attribution du marché. Aucune violation des règles en matière de marché public ne peut donc m’être reprochée. De plus, il faut noter qu’aucun marché n’a été attribué à Proximus durant toute l’année 2016, et ce, depuis 2012”. 2012 est l’année de prise de fonction de Mohamed Ouriaghli.

“Pour être parfaitement transparent”, Mohamed Ouriaghli a encore signalé que le CA de GIAL aavait attribué en 2018 et 2019, deux marchés de système de télécommunication et de maintenance à Proximus, “dans le respect des règles strictes des marchés publics en vigueur”. “À aucun moment, Proximus n’a été favorisée”.

Par ailleurs, Mohamed Ouriaghli dit n’avoir jamais bénéficié d’un avantage quelconque de cette société. “La participation à un déplacement professionnel ne constitue notamment pas un tel avantage. Je ne peux croire que l’entreprise publique Proximus a essayé de me corrompre !”, a conclu l’ex-échevin.

L’ancien directeur général du Gial Yves Vander Auwera et Proximus ont également été inculpés dans ce dossier. La décision de poursuivre ou non les différentes parties sera annoncée par la Chambre du conseil en automne.

Gr.I. avec Belga – Photo : Belga/Nicolas Maeterlinck

■ Interview de Michel Geyer et Charles Carpreau.

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26 juillet 2019 - 14h00