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Van Bossuyt prête à un compromis entre l’accueil de Gazaouis et l’expulsion d’Afghans

La ministre de l’Asile, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), s’est dit prête mercredi à un compromis entre, d’une part, l’accueil de 13 étudiants et chercheurs bloqués dans la Bande de Gaza et, d’autre part, l’expulsion d’une soixantaine d’Afghans en séjour illégal en Belgique et condamnés pour des faits graves ainsi que les hubs de retour que veut mettre en place l’UE.

Vendredi passé, le gouvernement n’a pu s’accorder sur le sort de ces 13 étudiants et chercheurs. Ils bénéficient d’une bourse dans une université belge mais ne peuvent s’y rendre faute de visa. Or, pour introduire une demande de visa, ils doivent se rendre physiquement au consulat belge de Jérusalem… alors qu’ils ne peuvent quitter l’enclave palestinienne bouclée par l’armée israélienne.
Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), avait préparé une solution, permettant leur évacuation. Mais il s’est heurté à sa collègue de la N-VA et a retiré sa note, refusant, au nom de la “dignité”, une “prise d’otage”.

Mme Van Bossuyt redoute d’ouvrir la porte à des exceptions qui pourraient s’appliquer à d’autres catégories de demandeurs d’asile, notamment des femmes fuyant l’Afghanistan ou des homosexuels persécutés au Sénégal. “Cela crée un précédent dangereux“, a-t-elle affirmé en commission de l’Intérieur de la Chambre. “En un an et demi à ce poste, j’ai appris que si l’on ouvrait une porte, certaines ONG et certains juges l’ouvraient complètement”.

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Selon elle, le dossier ne peut en outre se réduire à ces treize demandes. Une nouvelle liste de 300 personnes se trouvant à Gaza attend la Belgique. Et au total quelque 1.800 personnes avec un visa belge sont encore coincées dans l’enclave. Mme Van Bossuyt entend donc arriver à un équilibre entre “l’afflux” de personnes étrangères en Belgique et le retour de celles qui ne peuvent y résider.

Ce n’est pas un secret que je suis venue plusieurs fois au conseil des ministres avec des dossiers liés au retour mais que certains refusaient de discuter de certaines initiatives“, a-t-elle expliqué. “Je ne veux pas ouvrir la porte au dossier de Gaza, et donc à un afflux supplémentaire. Je cherche un équilibre. C’est pourquoi j’ai demandé à mes collègues vendredi que, lorsque nous discutons d’un dossier d’afflux légal supplémentaire, nous puissions également progresser en matière de retour. J’ai énuméré plusieurs pistes sur lesquelles nous pouvons aller plus loin, notamment les hubs de retour mais aussi les dossiers des Afghans en séjour irrégulier qui se trouvent en prison pour des faits criminels. Je ne veux pas qu’à leur sortie ils se retrouvent en rue. Je reste autour de la table en tant que partenaire constructif afin de parvenir à un accord“.

Quelque 60 Afghans seraient concernés. Le rapatriement de cette catégorie de personnes a déjà suscité la polémique lorsqu’une délégation de Talibans, un régime mis au ban des Nations, a reçu un visa pour se rendre à Bruxelles et discuter avec les instances européennes de possibilités de retour d’Afghans se trouvant sur le territoire de l’Union.

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Ni le MR, également réticent à l’accueil des Gazaouis, ni les Engagés, n’étaient présents en commission mercredi. Els Van Hoof (CD&V) et Achraf El Yakhloufi (Vooruit) ont par contre fait entendre leur voix. Ils n’ont pas caché leurs critiques envers la ministre et son parti. Les socialistes flamands ont exhorté les nationalistes à sortir de leur politique “anti-palestinienne et pro-israélienne”.

Dans l’opposition, le ton était acerbe, au centre et à gauche mais aussi à l’extrême-droite.

L’opposition de ce gouvernement est une honte“, a jugé François De Smet (DéFI). Comme ses collègues Khalil Aouasti (PS), Claire Hugon (Ecolo) et Greet Daems (PTB), il a rappelé le profil de ces étudiants et chercheurs qui sera utile pour la reconstruction de leur pays meurtri. Les socialistes francophones ont visé non seulement la N-VA mais aussi les Engagés. “Aujourd’hui, le groupe des Engagés n’est pas présent pour défendre une position. Cela montre tout le cynisme dans ce dossier: vous êtes d’accord de ne pas décider et de communiquer chacun à votre électorat. C’est de la communication politique sur le dos de la vie des gens“, a accusé M. Aouasti.

Le Vlaams Belang s’en est pris aussi à la ministre N-VA mais pour lui reprocher au contraire d’être prête à un compromis.

Belga