Les recteurs dénoncent l’impasse politique sur l’accueil des étudiants gazaouis
Les recteurs et rectrices des dix universités belges ont dénoncé lundi l”‘impasse” et le “marchandage politique indigne” concernant l’accueil de treize étudiants et chercheurs gazaouis boursiers. Dans une lettre ouverte parue dans De Standaard et un communiqué du Conseil des rectrices et recteurs en Fédération Wallonie-Bruxelles (CRef) et du Conseil interuniversitaire flamand (VLIR), ils fustigent le manque de volonté de l’exécutif.
Les dix signataires de la lettre ouverte – dont Annick Castiaux (UNamur), Jan Danckaert (VUB), Philippe Dubois (UMONS), Annemie Schaus (ULB) et Françoise Smets (UCLouvain) – estiment que les candidats gazaouis, sélectionnés “sur la base de leurs mérites académiques“, ne peuvent constituer “ni un enjeu de négociation ni une variable d’ajustement dans les débats politiques sur les migrations“.
Les universités jugent “infondés” les obstacles avancés pour refuser cette venue. L’exigence d’introduire une demande de visa en personne est matériellement impossible à satisfaire et contraire à l’arrêt Afrin rendu le 18 avril 2023 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), écrivent-elles, tandis que plusieurs États membres ont démontré qu’une telle évacuation pouvait être organisée.
À leur arrivée en Belgique, ces étudiants rejoindraient des logements étudiants et non des centres d’accueil pour demandeurs d’asile, précisent les recteurs. Disposant d’une bourse pour subvenir à leurs besoins, ils suivent des formations destinées à répondre aux nécessités de reconstruction de Gaza, où ils prévoient de retourner à l’issue de leur cursus.
Déterminés à ne pas relâcher leurs efforts, les signataires rappellent qu’au-delà de ces situations individuelles, c’est le droit à l’enseignement et à la recherche “qui est en jeu“. “C’est aussi, plus fondamentalement, une simple question d’humanité“, concluent-ils.
Belga