Procès Matonge: M.B.W.B. conteste le rôle de dirigeant d’organisation criminelle
“J’ai l’impression de vivre un cauchemar“, s’est exprimé M.B.W.B., présumé dirigeant d’un réseau de trafic de stupéfiants dans le quartier de Matonge à Bruxelles, mercredi lors de son interrogatoire devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles, lors du deuxième jour du procès dit “Matonge“.
Le prévenu, incarcéré depuis un an à la prison de Tournai, est poursuivi comme dirigeant d’une organisation criminelle, une accusation qu’il conteste fermement. “Je ne comprends pas“, a-t-il déclaré à ce sujet. Il a reconnu avoir participé à un trafic de stupéfiants, évoquant la présence d’un associé, absent de la salle d’audience et dont il a refusé de communiquer le nom. Pour être dirigeant, il faut selon lui “imposer ses directives“, ce qu’il a nié avoir fait.
Les policiers ont évoqué, dans le cadre de leur enquête, une “stature dominante” de la part de M.B.W.B., ancien boxeur. “Ce n’est pas de ma faute si je suis grand, costaud, et que j’ai fait de la boxe“, a-t-il rétorqué devant le tribunal. Ce passé de boxeur, avec un titre de vice-champion de Flandre selon lui et d’autres prévenus, est régulièrement revenu au fil des débats, plusieurs autres prévenus disant le connaître avant tout sous cet angle.
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Le passé judiciaire du prévenu a également été abordé, notamment une condamnation par la cour d’assises en 2014 pour meurtre. Il avait ensuite été remboursé par l’Etat belge en raison d’une erreur de procédure liée aux droits de la défense (dite “Salduz”), le prévenu étant allé jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme pour obtenir gain de cause.
D’autres condamnations pour coups et blessures ont été évoquées par le tribunal. “Je n’ai plus rien à voir avec cette personnalité”, s’est exprimé M.B.W.B à ce sujet. “J’ai appris de mes erreurs“.
Le prévenu a de son côté minimisé ses liens avec le quartier de Matonge, expliquant s’y rendre essentiellement pour ses activités de coach sportif dans une salle de sport ou pour y faire ses courses, sans y avoir de réel ancrage.
Son avocat, Me Guillaume Lys, est revenu sur les montants financiers évoqués par la juge qui préside le tribunal, atteignant jusqu’à 57.000 euros de revenus, en partie via des dépôts en espèces, jugés suspects par les enquêteurs. Le prévenu a justifié une partie de ces sommes par l’organisation de soirées en boîte de nuit et par des revenus liés à la boxe, versés en liquide.
Belga