La situation économique des clubs sportifs amateurs reste fragile
Dans une étude publiée ce mercredi, l’Adeps a fait ses comptes : le budget moyen d’un club sportif affilié aux fédérations reconnues en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) s’élève à 50.833 euros. Mais l’étude souligne aussi des écarts importants entre les clubs situés à Bruxelles et dans le Brabant wallon, qui disposent de budgets plus élevés, et ceux situés dans les provinces de Hainaut, de Namur et de Luxembourg, qui fonctionnent avec des “moyens plus modestes”. Ce n’est pas pour autant que les finances des clubs de la capitale sont florissants. Explications.
Jusqu’à 250.000 euros de budget pour certains clubs de la capitale contre moins de 10.000 euros pour près de la moitié des clubs de sport de la FWB. L’écart peut sembler important, mais il n’empêche pas certains clubs bruxellois de connaître eux aussi une situation économique fragile.
La différence de budget s’explique surtout par la taille plus importante des clubs bruxellois, mais aussi par le fait que les clubs de sport sont la plupart du temps locataires de leurs infrastructures et que les loyers bruxellois sont plus élevés qu’en Wallonie. Ce statut de locataire entraîne d’ailleurs une première difficulté pour ces clubs, les rendant plus exposés financièrement face à la fluctuation des loyers.
L’enquête révèle ainsi que 87,6% des clubs sont locataires. Parmi eux, 69% louent leurs infrastructures à une commune, 13,4% à des acteurs privés, 4,9% auprès d’établissements scolaires et 2,4% auprès des centres Adeps.
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Les cotisations, qui s’élèvent en moyenne à 161 euros par an, représentent 43% des revenus des clubs. Mais là aussi d’importantes différences existent entre les clubs bruxellois et wallons. La cotisation s’élève à 233 euros en moyenne à Bruxelles contre 129 euros dans la province de Luxembourg par exemple. Cela s’explique en partie par le nombre important de clubs de hockey dans la capitale, dont les cotisations sont en général plus élevées, avec une moyenne de 300 euros par an.
Derrière, on retrouve notamment la danse sportive, la natation ou encore le basket. À titre de comparaison, la cotisation moyenne est de 149 euros pour l’athlétisme et de 122 euros pour le tennis.
Concernant l’évolution du prix des cotisations, la majorité des clubs déclarent que leur cotisation est restée stable (55,8%), tandis que 42,7% ont procédé à une augmentation et seulement 1,5% à une diminution.
L’importance des bénévoles
L’Adeps note également que huit clubs sur dix n’ont aucun salarié sous contrat de travail. Ils reposent donc largement sur le bénévolat. Les clubs comptent en moyenne quatorze bénévoles, tandis que près de 60% des structures fonctionnent avec dix bénévoles ou moins. Bien que leur contribution permet de maintenir des coûts moins élevés pour les pratiquants, cela constitue également une “fragilité structurelle”, la majorité des bénévoles étant engagés depuis de nombreuses années et provenant souvent du cercle des pratiquants ou d’anciens pratiquants du club.
“Le sport amateur en Fédération Wallonie-Bruxelles repose sur un équilibre fragile entre engagement bénévole, autofinancement et soutien public”, conclut l’Adeps, qui demande notamment une meilleure transparence et accessibilité financière, une meilleure reconnaissance de l’engagement bénévole ou encore des aides publiques.
L’Adeps précise que cette étude sert à dégager les grandes tendances, mais que le monde du sport amateur reste très hétérogène.
■ Les explications de Valentine Rolus dans le 18h