Violences liées à la drogue: passe d’armes entre De Wever et le PS
La commission de l’Intérieur de la Chambre a été le théâtre mercredi d’une passe d’armes entre le Premier ministre, et bourgmestre d’Anvers en titre, Bart De Wever (N-VA) et le PS sur fond de violences liées au trafic de drogue à Bruxelles.
Ces dernières semaines, alors que la capitale était secouée par des coups de feu entre bandes rivales, les socialistes ont mis en cause la surveillance et le contrôle dans le port d’Anvers, considéré comme l’une des portes d’entrée de la cocaïne en Europe. Maïeur de la métropole depuis 2012, M. De Wever a été aux premières loges de la lutte contre ce trafic. Il n’a guère apprécié ces critiques, “inconsistantes“, selon lui. “Le ridicule ne tue pas“, a-t-il lancé, ajoutant un peu plus tard: “tout ce qui est excessif est insignifiant“. “Quand je dois lire que rien n’est fait, pour les gens qui travaillent sur le terrain, c’est atroce“, a-t-il accusé.
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Selon le Premier ministre, la violence à Bruxelles est d’un tout autre ordre que celle d’Anvers. Sans vouloir minimiser les événements survenus à Anvers (une fille de 11 ans a tout de même perdu la vie en 2023 à Anvers à la suite d’un règlement de comptes, ndlr), M. De Wever a affirmé que la guerre des gangs pour le contrôle du territoire à Bruxelles était bien plus dangereuse, car le risque de faire des victimes innocentes y était plus élevé.
“L’un n’a rien à voir avec l’autre et ce n’est pas à cause d’un laxisme à Anvers que Bruxelles connaît un problème. Pourquoi ces gangs sont-ils alors si bien implantés à Bruxelles et à Charleroi ? Est-ce également dû à une politique laxiste?“, a-t-il demandé.
Plusieurs questions, venant notamment de Ridouane Chahid (PS), Julien Ribaudo (PTB) et François De Smet (DéFI), portaient sur la task force mise en place au printemps et qui doit coordonner la lutte contre le trafic de stupéfiants.
L’ambition est de travailler dans la discrétion, a rappelé M. De Wever. Celle-ci s’est réunie plus de vingt fois et une nouvelle réunion est prévue le mois prochain. Une série d’actions ont déjà été entreprises pour mettre en œuvre les objectifs stratégiques définis, notamment sur le plan financier. Une loi autorisant une confiscation sans condamnation préalable est en préparation, 25 millions d’euros seront affectés à la vidéosurveillance dans les grandes villes, le nombre de places en centre fermés est en augmentation, etc.
Le procureur du Roi de Bruxelles avait dénoncé le manque de moyens dans une conférence de presse à la fin août. Il avait notamment déploré l’absence de brouilleurs de communication dans les prisons, qui permettait à des trafiquants de poursuivre leur activité depuis leur cellule. Les premiers “jammers” ont été installés à Haren, a-t-on appris par ailleurs.
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Le ton a été vif entre M. De Wever et M. Chahid. Le député bruxellois n’a pas été convaincu par les explications du Premier ministre. “Permettez-moi de remercier le bourgmestre d’Anvers pour sa réponse mais on peut regretter l’absence du Premier ministre“, a-t-il souligné. “La réalité, c’est qu’il y a trois ministres anversois dans ce gouvernement et qu’ils protègent les grands propriétaires du port d’Anvers“.
François De Smet (DéFI) s’est montré plus mesuré. “Il y a une marge de progression à Anvers. Personne ne dit que vous ne faites rien mais tout le monde dit que vous n’en faites pas assez.”
Belga