“On manque nos leçons pour vous en apprendre une”: les étudiants se sont mobilisés à Bruxelles
Des étudiants de l’enseignement supérieur francophone se sont rassemblés en nombre dans le centre de Bruxelles mercredi pour dénoncer la hausse du coût de la vie étudiante. D’après la police, quelque 750 personnes étaient présentes, tandis que les organisateurs font état de près de 2.000 manifestants.
■Reportage de Pierre Maeyens et Jacques Vermeer
La mobilisation était organisée deux jours après la première rentrée académique avec le relèvement du minerval, qui passe à près de 1.200 euros pour plus de la moitié des étudiants. Les manifestants ont brandi des pancartes et des banderoles pour dénoncer les récentes mesures prises dans l’enseignement supérieur. “On manque nos leçons pour vous en apprendre une” ou “Le décret-programme tue” pouvait-on lire sur certains des écriteaux. “Étudier est un droit qu’on ne nous enlèvera pas“, ont également chanté les manifestants en plus de divers slogans antifascistes entre les cris et les coups de sifflet.
Le cortège a démarré aux abords de la gare de Bruxelles-Central pour se diriger ensuite vers la place Surlet de Chokier, devant le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). La Fédération des étudiants francophones (Fef), à l’initiative de la manifestation, estime qu’avec la hausse du minerval, une année d’études peut actuellement coûter entre 8.100 et 13.600 euros. Elle souligne également que le nombre de jobs étudiants a fortement augmenté ces dernières années et que la proportion d’étudiants qui travaillent toute l’année se situe actuellement à 42%, contre 22% quelques années auparavant, d’après les données de l’Office national de la sécurité sociale (ONSS). “Mais travailler pour pouvoir étudier n’est pas sans conséquence. Concilier cours, travaux, examens et emploi devient un véritable exercice d’équilibriste. Plus les étudiants doivent travailler pour financer leurs études, moins ils disposent de temps pour assister aux cours, étudier et réussir“, constate l’organisation étudiante.
Une délégation de la Fef a ensuite été reçue par le cabinet de la ministre-présidente du gouvernement de la FWB, Elisabeth Degryse. “Cet échange respectueux et constructif a permis – au-delà des désaccords sur la mise en place du minerval progressif – d’échanger sur les retours de terrain de l’implémentation de la réforme“, explique le cabinet dans un communiqué. Une rencontre entre ce dernier et le service des allocations d’études est prévu dans le but d’identifier d’éventuelles pistes d’amélioration relatives à l’information et la compréhension du nouveau système, précise-t-il. Le cabinet affirme enfin que la ministre-présidente entend “maintenir un dialogue constructif permanent avec les représentants étudiants“.
Belga