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Augmentation de la taxe foncière : quelles communes sont concernées ?

En 2026, neuf communes bruxelloises augmentent la part communale du précompte immobilier, la taxe annuelle payée par les propriétaires. Les quelque 400 000 avis envoyés à Bruxelles font apparaître des hausses pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros. Une différence liée à l’indexation du revenu cadastral (revenu locatif annuel moyen d’un bien immobilier), mais surtout aux taux décidés par chaque commune.

Les propriétaires bruxellois doivent s’attendre à une facture parfois nettement plus élevée cette année. Si cette taxe augmente régulièrement avec l’indexation du revenu cadastral, neuf communes ont également décidé de relever leurs centimes additionnels, c’est-à-dire la part qu’elles ajoutent au montant de base fixé par la Région.

Neuf communes augmentent la facture

Saint-Josse-ten-Noode enregistre la hausse la plus importante. Ses centimes additionnels passent de 2 980 en 2025 à 4 090 en 2026, soit une progression de plus de 27 %. Auderghem suit avec une augmentation de 18,44 %, devant Ganshoren, 16,49 %, Bruxelles-Ville, 14,67 %, et Etterbeek, 14,65 %.

Les propriétaires sont également concernés par une hausse à Uccle, Watermael-Boitsfort, Evere et Koekelberg. Dans 9 autres communes, le taux reste inchangé voire diminue dans l’une d’entre elles. En effet, Woluwe-Saint-Lambert constitue la seule exception. La commune réduit légèrement ses centimes additionnels, de 3 190 à 3 175.

L’adresse peut faire varier la facture

Le montant payé ne dépend donc pas uniquement du logement. À revenu cadastral identique, deux propriétaires peuvent recevoir des factures différentes selon la commune dans laquelle leur bien se trouve.

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Schaerbeek conserve le taux le plus élevé de la Région, avec 4 191 centimes additionnels, même si la commune ne l’augmente pas cette année. Saint-Josse-ten-Noode s’en rapproche fortement avec 4 090. À l’autre extrémité du classement, Auderghem passe de 1 990 à 2 440, tandis que Woluwe-Saint-Pierre maintient son taux à 2 700.

Ces différences ne signifient toutefois pas qu’un propriétaire peut connaître sa facture en regardant uniquement le taux communal. Le calcul tient aussi compte du revenu cadastral indexé du bien, de la taxe régionale et de la part destinée à l’agglomération bruxelloise.

Pourquoi les communes augmentent-elles cette taxe ?

Les communes concernées justifient généralement ces augmentations par leur difficulté budgétaire et par la nécessité de trouver de nouvelles recettes afin de financer les services publics.

Cependant, toutes les communes ne suivent pas la même voie : Woluwe-Saint-Lambert réduit son taux pour la deuxième année consécutive, en raison d’un excédent budgétaire. La carte fiscale bruxelloise reflète donc autant la situation financière de chaque commune que sa stratégie politique pour rééquilibrer ses comptes.

Quels recours et quelles aides pour les propriétaires ?

La prime Be.Home offre une compensation aux propriétaires qui occupent personnellement leur logement à Bruxelles et qui remplissent les conditions prévues. Son montant atteint 164 euros en 2026. Cette augmentation de quatre euros, par rapport à 2025, reste cependant limitée face aux centaines d’euros supplémentaires réclamés dans certaines communes.

Les propriétaires peuvent également compter sur la prime rénolution jusqu’en septembre 2026. Le crédit ECORENO permet en revanche de financer différents travaux à un taux préférentiel compris entre 2,5 % et 3,5 %, notamment l’isolation, la ventilation, le chauffage, les panneaux photovoltaïques ou les pompes à chaleur.

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Des primes communales peuvent également être proposées selon l’adresse du logement. Ensuite, pour certains travaux réalisés dans une habitation privée occupée depuis au moins dix ans, un taux réduit de TVA à 6 % peut s’appliquer sous conditions. Enfin, Urban.brussels prévoit des subventions pour restaurer le petit patrimoine visible depuis l’espace public, comme les vitraux, mosaïques, ferronneries, corniches ou éléments décoratifs de façade.

Ces aides ne compensent pas directement la hausse de la taxe foncière, mais peuvent alléger certaines dépenses liées à l’entretien et à la rénovation du logement.

Une frontière fiscale au coin de la rue

À Bruxelles, déménager de quelques rues peut parfois signifier changer de commune sans véritablement changer de quartier. En 2026, cette frontière administrative devient aussi une frontière fiscale : pour un logement comparable, l’adresse peut peser plusieurs centaines d’euros dans le budget annuel.

Et cette hausse ne concerne peut-être pas uniquement les propriétaires. La prochaine question sera de savoir si, dans un marché immobilier bruxellois déjà sous tension, la facture finira indirectement par franchir la porte des locataires.

David Mvano – Photo : Freepik