Exctinction Rebellion met en scène un festin satirique à Bruxelles
Le mouvement Extinction Rebellion a organisé samedi après-midi une action théâtrale devant la Gare centrale, à Bruxelles, pour dénoncer les inégalités face à la crise écologique, douze jours avant le Jour du dépassement de la Terre, qui tombe le 30 juillet cette année.
Cette journée est la date à laquelle l’humanité aura consommé l’équivalent des ressources que la planète peut renouveler en un an. Des militants déguisés en dirigeants économiques ont mis en scène un banquet autour d’une représentation de la planète Terre posée au sol.
Scandant des mots comme “expropriation” et “exploitation” dans de grands éclats de rire, les faux dirigeants ont ensuite partagé un gâteau en forme de Terre, dévorant la planète sans se soucier d’un personnage affamé, caché sous la table, censé représenter les populations les plus démunies et tentant d’attraper les miettes tombées du banquet.
Cette scène volontairement excessive se voulait une caricature de la cupidité des grandes industries polluantes, qu’Extinction Rebellion accuse d’épuiser les ressources naturelles au profit d’une minorité.
Les passants étaient ensuite invités à déposer des fleurs sur la Terre posée au sol, comme pour assister aux funérailles de la planète.
Autour de cette pièce satirique, longue d’une trentaine de minutes, évoluaient des “Red Rebels”, des performeurs vêtus de rouge dont les mouvements lents et solennels contrastaient avec l’aspect grotesque du banquet, pour incarner le deuil et l’inquiétude liés à la destruction environnementale.
Selon les organisateurs, l’action visait à rappeler que la responsabilité de la crise climatique n’est pas partagée équitablement, une frange restreinte de la population continuant de tirer profit des activités les plus destructrices pour l’environnement.
“Le but aujourd’hui était de montrer au public ce qui se cache derrière ce phénomène”, a déclaré Domboy, activiste d’Extinction Rebellion. “C’est notre système sociopolitique qui favorise le capital et l’argent. Il y a de plus en plus d’inégalités”, a-t-il déploré.
“À long terme, on ne peut pas continuer à vivre comme ça. Politiquement, il n’y a pas grand-chose qui change”, a-t-il ajouté. “J’aimerais que les politiciens prennent en compte la gravité du problème, qu’ils écoutent les scientifiques, qu’ils lisent les rapports du GIEC. Il n’est pas trop tard”, a-t-il conclu.
■ Reportage de Jamila Saïdi M’Rabet, Olivia Bronsart et Stéphanie Mira